Brussels Airlines frôle les 100 millions de pertes

Brussels Airlines poursuit actuellement ses discussions avec les syndicats en vue de sa restructuration. ©BELGAIMAGE

Le groupe aérien allemand Lufthansa fait état pour le premier trimestre de son exercice annuel d'une perte nette de plus de 2 milliards d'euros. Sa filiale belge ne se porte guère mieux.

La filiale belge du groupe Lufthansa , Brussels Airlines enregistre au premier trimestre une perte de 93 millions d'euros, soit près du double de la perte déjà accusée sur la même période l'an dernier (47 millions d'euros).

Le nombre de passagers transportés a diminué d'un quart, à 1,55 million.  Les détails financiers ont été publiés mercredi en marge du rapport trimestriel de la maison-mère Lufthansa.

La pandémie de coronavirus, qui impacte fortement le secteur du transport aérien depuis mars, a eu raison des résultats de la compagnie aérienne belge. Le chiffre d'affaires de Brussels Airlines a chuté de 17% à 233 millions d'euros.  

De son côté, Lufthansa confirme une intensification du programme de restructuration de Brussels Airlines, comme annoncé le mois dernier. Il ajoute que les discussions sont toujours en cours avec les autorités belges au sujet d'un plan d'aide pour la filiale belge.  

En Belgique, il est question de la suppression de 25% de l'effectif et de 30% de la flotte. Syndicats et directions discutent pour l'heure du plan en conseil d'entreprise.

Perte gonflée

Le plan de sauvetage enfin approuvé tant au niveau allemand qu'avec l'Europe, Lufhansa fait lui état mercredi d'une perte nette de 2,1 milliards d'euros au premier trimestre. Selon l'entreprise, l'arrêt ces derniers mois du trafic aérien a eu des "répercussions sans précédent" sur le groupe, indique dans un communiqué, Carsten Spohr, le CEO.

800 millions
euros
"Nous consommons actuellement environ 800 millions d'euros de notre réserve de liquidités par mois."

Les revenus chutent de 18% à 6,4 milliards d'euros, là où ils étaient encore à 7,8 milliards un an auparavant. "Les réductions de coûts n'ont pu que partiellement compenser la baisse des revenus. L'ebit ajusté s'est élevé à moins de 1,2 milliard d'euros. 

Le groupe rappelle aussi qu'en date du 31 mars, il détenait quelque 4,3 milliards d'euros de liquidités: "Nous avons réussi à réduire d'un tiers les coûts fixes en peu de temps. Néanmoins, dans notre activité opérationnelle, nous consommons actuellement environ 800 millions d'euros de notre réserve de liquidités par mois." À cela s'ajoute, les remboursements de billets d'avion annulés et des passifs financiers échus.

"Une profonde restructuration"

Pour faire face à cette situation, Lufthansa confirme qu'une réduction "significative" des coûts comparés aux coûts d'avant crise. Pour l'heure, les coûts fixes ont déjà été réduits par la mise en chômage partiel de quelque 87.000 salariés. Des projets ou des opérations de maintenance ont, eux, été annulés ou reportés.

"Même dans cette crise unique, nous travaillons dur pour défendre notre position de leader en Europe."
Carsten Spohr
CEO Lufthansa

Au sein des filiales Austrian Airlines et Brussels Airlines, des restructurations ont été enclenchées. Les autres filiales du groupe devraient aussi connaître une restructuration. Enfin, la vente d'activités non essentielles au groupe est aussi à l'étude.    

"Même dans cette crise unique, nous travaillons dur pour défendre notre position de leader en Europe", a déclaré Carsten Spohr.

Il se refuse toutefois à toute prévision bénéficiaire compte tenu de l'évolution incertaine de la pandémie corona. Le groupe s'attend toutefois à "une baisse significative" de l'ebit ajusté.

Seulement 40% de l'offre habituelle disponible en septembre

Le géant du transport aérien Lufthansa annonce son objectif de faire progresser son offre pour atteindre en septembre "jusqu'à 40%" de ce qui était prévu avant la pandémie de coronavirus.  

Le groupe a repris début juin certains vols après avoir proposé en mai seulement 3% du nombre habituel de sièges sur ses vols. Il prévoit cependant que 300 de ses 763 avions resteront cloués au sol encore en 2021, et 200 en 2022, signe de son anticipation d'une lente reprise de la demande.

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