Brussels Airlines: "Il nous sera difficile de payer les salaires de juin"

Le CEO Carsten Spohr s'est adressé au personnel du groupe Lufthansa, y compris de ses filiales comme Brussels Airlines. Malgré les difficultés, le patron se dit confiant en l'Etat allemand. ©AFP

Le patron de Lufthansa, Carsten Spohr, a indiqué au personnel qu'au vu de la situation de liquidité de la compagnie, il sera plus difficile de payer les prochains salaires. Si l'aide est débloquée, elle n'arrivera sur les comptes que dans un délai de 4 semaines.

La situation reste très tendue chez Lufthansa. Le conseil de surveillance de la compagnie a postposé son accord sur l'aide de l'État allemand. Les conditions imposées par la Commission européenne "entraîneraient un affaiblissement de la fonction de hub dans les aéroports d'origine de Lufthansa à Francfort et Munich. L'impact économique qui en résulte sur l'entreprise et sur le remboursement prévu des mesures de stabilisation, ainsi que les scénarios alternatifs possibles, doivent être analysés de manière approfondie", a communiqué la compagnie.

"J’ai dû aller à Bruxelles, en Suisse, à Vienne pour quémander de l’argent. C’est très humiliant et blessant pour une compagnie comme Lufthansa, mais c’est la réalité."
Carsten Spohr
CEO de Lufthansa

Dans la foulée, le CEO Carsten Spohr s'est adressé au personnel du groupe Lufthansa, y compris de ses filiales comme Brussels Airlines. La liquidité de la compagnie inquiète. Spohr a indiqué que si les salaires de mai ont été payés, "il sera plus difficile de payer ceux de juin". En cas d'accord sur le paquet d'aides, "il faudra 4 semaines avant que les fonds puissent être débloqués. On essaye de générer un maximum de cash en vendant des avions par exemple", a-t-il dit.

La bataille du cash

"En juillet, il est certain que l’on n’aura plus de cash. Le temps est très limité", a-t-il insisté.

Le CEO se dit néanmoins confiant, car il sait que le gouvernement allemand, même s'il est parfois dur, se montre constructif et veut sauver la compagnie. Spohr a indiqué qu'il n'aurait jamais cru vivre une telle frustration au sein de Lufthansa où il est actif depuis 30 ans. "J’ai dû aller à Bruxelles, en Suisse, à Vienne pour quémander de l’argent. C’est très humiliant pour une compagnie comme Lufthansa, mais c’est la réalité", a-t-il dit aux équipes.

Et quid si Ryanair attaque l'aide allemande à Lufthansa? "On devra vivre avec", a indiqué le CEO rappelant que Ryanair était très dur avec tout le monde, avec "leurs travailleurs, la compétition et même leurs voyageurs".

Lufthansa devra réduire sa taille. Les 10.000 jobs menacés représentent une centaine d'avions en moins à concurrence d'une centaine de travailleurs par avion.

Dans le futur, il s'agira pour Lufthansa de payer ses dettes. "C'est notre priorité. Quand nous serons profitables, nous devrons d’abord payer notre dette. Nous remplacerons des avions quand nous serons obligés de le faire, mais pas avec la même ampleur que par le passé", dit Spohr en rappelant que 2 à 3 milliards d'euros ont été dépensés dans des avions ces dernières années.

Vente de filiales? 

Il s'agira de s'assurer de l'aide allemande avant d'espérer recevoir de l'aide des pays des filiales. "Les gouvernements des pays des compagnies parentes ne paieront pas leur part tant qu'ils ne seront pas convaincus que Lufthansa ne va pas faire faillite. C’est pourquoi l’aide allemande est si importante", explique le CEO. Il veut convaincre les pays des filiales que leurs entreprises nationales vont aussi survivre.

Carsten Spohr n'exclut pas de se séparer de filiales de Lufthansa et indique qu'il sera difficile de maintenir le groupe dans son entièreté. Même si ce n'est pas un but en soi, une vente de filiale, ou une entrée en bourse d'une de celles-ci est sur la table. "Si on le fait, ce ne sera pas pour se séparer des gens, mais pour lever de l’argent. Le marché est très mauvais actuellement et personne ne veut rien acheter dans l'aviation. Peut-être début 2021", a-t-il dit aux travailleurs.

Quant à la reprise, Lufthansa ne pense pas que l'aviation sera déjà de retour à la normale à l'été 2021. "Tout le monde n’est pas aussi riche qu’en Europe. Nous avons besoin d’une reprise économique dans d’autres pays et d'autres parties du monde", a-t-il conclu.

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