Brussels Airlines n'intégrera pas Eurowings

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C’est une grosse restructuration que prépare le groupe Lufthansa, avec un recentrage de sa filiale Eurowings sur le court-courrier et le rapprochement de Brussels Airlines avec les compagnies de réseau.

Brussels Airlines (SN) dans Eurowings, on oublie! C’est ce qui s’est dit ce matin au Conseil d’entreprise de la compagnie belge, alors que la maison-mère Lufthansa s’apprêtait à en avertir les actionnaires et analystes. Au contraire, SN devra se rapprocher des compagnies de réseaux, traduisez dans le langage Lufthansa "Austrian et Swiss". La stratégie semble claire et on se demande pourquoi on n’y avait pas pensé plus tôt: le low cost se concentre sur l’Europe et c’est là qu’Eurowings doit porter le fer. Quant aux compagnies qui ont fait leurs preuves en long-courrier (dont Brussels en Afrique), laissons-leur l’initiative.

Mais attention, tout n’est pas rose pour autant! La recette unitaire des "network carriers" devra augmenter de 3% d’ici à 2022 et ses coûts diminuer de 1 à 2% sur une base annuelle. Quel sera le détail des mesures à prendre? Ce n’est pas ce lundi qu’on les a annoncées. Lufthansa espère avoir les plans des différentes filiales pour le troisième trimestre. Une (courte) période pour développer les synergies entre Brussels Airlines, Swiss et Austrian.

Quant à Eurowings, elle devra faire des efforts encore plus lourds: réduire des coûts aux sièges offerts de 15% d’ici à 2022. Et progressivement, elle ne disposera plus que d’Airbus A320 moyen-courriers. Provisoirement, les Airbus A340 opérés par SN pour son compte continueront à voler, mais on verra ultérieurement quel sort leur sera réservé.

Lufthansa change sa politique de dividendes

Tôt ce matin, Lufthansa avait annoncé un changement dans son mécanisme de distribution de dividendes. Dès à présent, les dividendes distribués par le groupe allemand seront calculés sur le bénéfice net d'exploitation, hors résultats exceptionnels, à hauteur de 20 à 40%. La politique précédente prévoyait une distribution à hauteur de 10 à 25% du résultat d'exploitation (EBIT). Selon Lufthansa, "la nouvelle fourchette de paiement permet au groupe de bénéficier d'une plus grande flexibilité, tout en s'assurant une certaine continuité dans sa politique de distribution de dividendes."

Selon les estimations, cette nouvelle mesure permettrait aux actionnaires de percevoir, pour l'exercice 2019, un dividende total estimé entre 305 et 611 millions d'euros contre 233 à 583 millions d'euros dans l'ancien régime.

Le doute plane

La nouvelle politique de dividendes est destinée à rassurer des investisseurs échaudés par l'annonce d'un "profit warning" - ou avertissement sur résultats - publié le 17 juin dernier et rabaissant la marge d'exploitation de la compagnie allemande pour l'exercice en cours à une estimation comprise entre 5,5% et 6,5%, contre 6,5% à 8% selon les objectifs initiaux. Cette marge était de 7,9% en 2018. Le bénéfice d'exploitation pour 2019 serait, lui, compris entre 2 et 2,4 milliards d'euros, contre 2,4 à 3 milliards d'euros initialement.

Attribuant ces prévisions pessimistes aux contre-performances de sa filiale à bas coûts Eurowings et aux conditions concurrentielles destructrices du secteur, la direction de Lufthansa avait alors annoncé de "nouvelles mesures d'économies plus ambitieuses" à venir.

"Le meilleur élève de la classe a encore progressé"

Du côté des syndicats, Filip Lemberechts de la CGSLB/ACLVB se félicite mais reste prudent. Visiblement satisfait de cette "promotion", le syndicat libéral de la compagnie belge se dit conscient de l'effort à fournir lors des prochains mois pour conserver cette place de choix dans l'industrie aérienne européenne.

Selon Anita Van Hoof, représentante syndicale socialiste, "c'est ce que le personnel attendait depuis la reprise de la compagnie par Lufthansa."

Dans les rangs catholiques, Paul Buekenhout estime que "Brussels Airlines est enfin considérée comme une société adulte."

Pour les spécificités du "plan de redressement", il faudra attendre la fin du mois de septembre mais Filip Lemberechts estime que la motivation du personnel à trouver des solutions sera accrue maintenant que l'entreprise a retrouvé sa place.


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