Brussels Airlines ne donnera pas de chiffres sur les départs prévus

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Un bras de fer entre syndicats et direction s’installe chez Brussels Airlines. La direction veut mettre en place un plan de départs volontaires segmenté par division mais sans donner de chiffres sur le nombre total de départs nécessaire. Les syndicats sont divisés.

La dynamique entre syndicats et direction est de plus en plus compliquée chez Brussels Airlines. Depuis que la direction a indiqué vouloir procéder à des départs volontaires, les syndicats naviguent à vue. Personne ne sait en interne le nombre de départs que l’entreprise prévoit. "C’est le monde à l’envers pour l’instant. Normalement, on dit d’abord combien de gens sont concernés et éventuellement on discute d’un plan social ou autre par après. On leur demande à chaque occasion le nombre de départs prévus, mais on nous ne répond pas. On ne sait pas non plus combien on doit épargner par service. Je ne suis pas prêt à signer quelque chose dans le vide", insiste Anita Van Hoof, de la SETCa.

"Nous voulons d’abord savoir combien de personnes seront impactées dans chaque service avant de parler de départs volontaires. Il y a trop d’incertitudes!"
Anita Van Hoof Syndicat sETCa

Du côté de la direction, on ne veut pas donner de détails sur le contenu des pourparlers. "On veut vraiment donner des chances aux discussions", insiste Kim Daenen, porte-parole chez Brussels Airlines. On nous y confirme par contre bien que le plan censé relancer Brussels Airlines vers des niveaux de marges ebit de 8% durera jusqu’en 2022 et que l’on ne donnera donc pas de chiffres sur le nombre de départs nécessaires. La filiale de Lufthansa explique que le travail n’est pas encore entièrement réalisé et qu’il serait donc même impossible de donner un nombre précis de départs à l’heure actuelle. La direction préférant travailler département par département.


Bonus en cas de départ

Un document circule en interne. On nous explique qu’il y est confirmé que la réorganisation pour le personnel au sol s’y déroulera service par service. L’idée est de se baser essentiellement sur un plan de départs volontaires qui débuterait à la mi-2020 avec des conditions différentes pour les travailleurs proches de la pension et les autres. Il nous revient ainsi que les travailleurs les plus âgés (57 ans au moment de la réorganisation du département) pourraient se voir proposer un plan de départ anticipé à la pension.

Le plan général, qui ne concerne que le personnel au sol sous CDI, doit courir jusque fin 2022, mais pourrait être prolongé par la suite si nécessaire. Une fois que l’intention de réorganiser une division est prise, le personnel aurait 6 semaines pour se manifester dans le cadre de ce plan de départs volontaires. Les travailleurs qui rentreront dans ce plan de départs volontaires auront droit à un bonus allant de 1 à 19 semaines, en plus de leurs indemnités normales. S’ils se manifestent dans les 6 semaines de délais, ils recevront un autre bonus extra allant de 1 à 8 semaines.

Mais tout ceci doit se négocier avec les représentants des travailleurs. Le son de cloche n’est pas le même chez tous les syndicats. Filip Lemberechts, de l’ACLVB-CGSLP, pense que ce type de plan pourrait être celui qui sauverait le plus d’emplois. "Il est important que les gens qui veulent rester puissent rester et que ceux qui veulent quitter l’entreprise puissent le faire. On veut éviter les licenciements forcés où c’est la direction qui choisit qui part", insiste Lemberechts.

Didier Lebbe de la CNE ne l’entend pas du tout de cette oreille. "Dans ce plan, ils demandent des volontaires, mais se réservent le droit de refuser certains volontaires et de désigner d’autres travailleurs à la place. Ceux qui ne se sont pas portés volontaires s’exposent à la perte de leur compensation additionnelle s’ils sont licenciés", s’insurge-t-il. L’ACV Puls-CNE a donc fait circuler un tract où elle dénonce une convention collective de travail "pire qu’un plan social". Les "verts" estiment que Brussels Airlines semble vouloir perler ses licenciements sur deux ans, "sans doute pour ne pas devoir respecter la phase obligatoire de la Loi Renault, à savoir la phase de consultation et d’information". On y rappelle que la procédure est obligatoire quand on licencie plus de 30 travailleurs en 2 mois.

Jeudi matin un conseil d’’entreprise aura lieu. Il ne devrait pas aboutir sur grand-chose de neuf pense-t-on du côté des syndicats. "Notre plan reboot est étalé sur trois ans. Cela prendra plus de temps dans certains départements que d’autres. C’est pourquoi l’on ne peut pas donner de chiffres", jure-t-on chez Brussels Airlines.

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