analyse

Brussels Airlines obtient des astreintes après la grève de skeyes

©Photo News

Une grève sauvage des aiguilleurs du ciel a cloué 100 avions au sol ce jeudi. Plusieurs acteurs en profitent pour monter au créneau pour se passer de skeyes. Alors que le conflit social dure, on se rappelle que les solutions techniques existent. Brussels Airlines est allé en justice et a obtenu des astreintes.

Est-ce la grève de trop chez skeyes? Moins d’une semaine après avoir annoncé un accord avec les travailleurs, skeyes a dû constater qu’il n’en était rien ce jeudi. L’espace aérien a été fermé de 9h30 à 13h suite à une action du syndicat chrétien ACV (CSC) qui n’a jamais entériné l’accord obtenu en commission paritaire. Les 6 représentants de la direction et 2 des 6 représentants des travailleurs avaient entériné le texte. Ce jeudi, des séances d’information ont été organisées par la direction afin d’expliquer l’accord aux travailleurs. C’est ce qui a mis le feu aux poudres.

4 millions €
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Brussels Airlines tient skeyes responsable des préjudices qu’elle subit, soit déjà près de 4 millions d’euros.

Pour la direction, il s’agissait d’une permanence permettant aux salariés de venir s’informer pendant les moments de pause. Pour les syndicats, ces sessions sont une nouvelle fois organisées pendant les heures les plus "chaudes" de la journée. "Les salariés sont de ce fait privés du droit de s’informer", indique Kurt Callaerts, ACV-Transcom. Il ajoute qu’assister en nombre à ces réunions aurait eu un impact sur le trafic ce matin et cet après-midi. Il s’étonne enfin du fait que la direction parle d’une grève sauvage. "Notre préavis court toujours", dit-il.

Quoi qu’il en soit, cette grève est peut-être celle de trop après des mois de conflit social. Elle a eu lieu en pleine journée, l’effet est donc grand pour tout le monde, que ce soient les compagnies de transport passager et compagnies de fret.

Une centaine de vols ont été annulés sur la matinée. Le caractère inopiné de la grève a pris les sociétés de court. Pour Brussels Airlines, c’est la goutte d’eau. Le préjudice de ce jeudi matin est de 4 millions d’euros. Comme elle avait menacé de le faire, la filiale de Lufthansa et Eurowings s'est tournée vers la justice et la compagnie aérienne a obtenu l'application d'astreintes de 10.000 euros en cas de nouvelles perturbations du service.

Brussels Airlines obtient des astreintes

Brussels Airlines a obtenu l'application d'une astreinte de 10.000 euros par vol européen annulé et de 20.000 euros par vol long-courrier annulé. Des astreintes sont également prévues en cas de vols retardés d'au moins une heure et de vols déviés. Les astreintes seront d'application, le cas échéant, à partir de ce vendredi matin 4h55, selon une porte-parole de Brussels Airlines, et jusqu'au 26 mai minuit.

La compagnie aérienne dit ne pas avoir eu d'autre choix que de se tourner vers un tribunal vu les dommages économiques subis et l'atteinte à sa réputation. Brussels Airlines ajoute que les astreintes ne sont pas destinées à compenser d'éventuels nouveaux dommages économiques mais bien à "promouvoir une solution rapide et durable pour un service ininterrompu de skeyes dans l'intérêt des passagers et de la compagnie aérienne". 

Service minimum ?

Ryanair, qui a vu une dizaine de vols annulés à Charleroi, n’en est pas encore là dans sa réflexion. Mais l’occasion fait le larron. La société irlandaise nous rappelle donc qu’elle milite pour l’instauration d’un service minimum au niveau européen.

"S’il y a une grève en Belgique, il faut que le contrôle aérien puisse être repris par l’armée ou depuis une tour de contrôle à l’étranger."
Yann Delomez
Communication manager pour Ryanair

"S’il y a une grève en Belgique, il faut que le contrôle aérien puisse être repris par l’armée ou depuis une tour de contrôle à l’étranger. C’est techniquement presque possible aujourd’hui", insiste Yann Delomez, communication manager pour Ryanair au Benelux, en France et au Maroc.

Ryanair ne voit néanmoins pas ce type de grève influencer directement sa croissance ou ses opérations en Belgique. Surtout que les grèves des contrôleurs du ciel, on connait aussi en Italie ou en France.

Bye Bye skeyes ?

De son côté, le gouvernement wallon a mandaté Pegasus, une société de conseils en aéronautique, "pour voir comment contourner skeyes", a indiqué le ministre régional en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke. "Nous nous rapprochons de plus en plus d’un bye-bye skeyes", a-t-il ajouté. Selon Jean-Luc Crucke, la Sowaer - la société wallonne des aéroports - a approuvé en urgence, mercredi, la désignation de Pegasus "pour qu’il détermine comment la Région pourra se passer de skeyes", une société à propos de laquelle le ministre ne se fait plus "aucune illusion".

"Nous nous rapprochons de plus en plus d’un bye-bye Skeyes."
Jean-Luc Crucke

Reste à voir maintenant comme la situation va évoluer. Du côté de la direction de skeyes, grès ou pas, on insiste qu’il n’est pas question de renégocier l’accord. Ceci laisse entendre que de nouveaux problèmes sont à craindre dans le ciel belge d’ici la fin de l’année. On ne comprend pas pourquoi les travailleurs rejettent l’accord qui ne dessine que les grandes lignes et dont le détail doit encore être négocié avec les syndicats.

À chaque mouvement de grève, le monopole de skeyes est de plus en plus difficilement défendable. Ce qui fait dire à certains que les aiguilleurs du ciel scient la branche sur laquelle ils sont assis. C’est le cas du syndicat socialiste flamand, l’ACOD qui a signé l’accord. L’ACOD "se pose de sérieuses questions quant à l’attitude irresponsable et aux objectifs de l’ACV".

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