Brussels Airlines tremble à cause de la flambée du prix du kérosène

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Pour l’instant, les résultats de Brussels Airlines sont à l’équilibre. Mais la hausse du prix des carburants et son intégration au sein de Lufthansa mettent la compagnie aérienne belge sous pression. De là à craindre des mesures drastiques des Allemands?

Brussels Airlines affichera-t-elle des bénéfices en 2018? C’est la question qui se trouve sur toutes les lèvres au sein de la compagnie depuis que Carsten Spohr, le CEO de la maison mère allemande Lufthansa, a clairement annoncé que la filiale belge ne pouvait pas se permettre d’être dans le rouge. "Si Brussels Airlines ne se ressaisit pas, il n’y aura pas de nouveaux investissements", a précisément indiqué Carsten Spohr en juin.

Pour l’instant, Brussels Airlines répond aux attentes. L’entreprise n’affiche aucune perte cette année, a indiqué fin septembre la CEO Christina Foerster au comité d’entreprise. Brussels Airlines respecte son budget et fait mieux que l’an dernier, selon nos informations.

Boom des exceptionnels

Néanmoins, l’année 2018 n’est pas de tout repos. La compagnie aérienne belge a déjà accumulé cette année 30 millions d’euros de coûts exceptionnels. Les deux jours de grève des pilotes de mai dernier – qui a laissé 60.000 voyageurs sur le carreau – ont ainsi coûté près de 10 millions d’euros à l’entreprise. Et cet été, Brussels Airlines a dû faire face, comme bon nombre de ses concurrents, à de nombreux retards et annulations. Résultat: la compagnie a dû payer des dédommagements élevés aux clients lésés.

"Nos coûts pour l’achat du kérosène sont déjà 16% plus élevés que ceux de l’an dernier."
Kim Daenen
Porte-parole de Brussels Airlines

Les avions flambant neufs russes Sukhoi, rachetés par Brussels Airlines à la compagnie irlandaise CityJet, sont tombés régulièrement en panne. Les techniciens ont dû faire appel aux experts russes, car de nombreux manuels d’instruction ne sont pas encore traduits.

Mais le principal problème réside dans le prix du kérosène, qui a augmenté de près de 40% en un an. "Les contrats de couverture avec Lufthansa nous protègent partiellement des fluctuations des prix et limitent les dommages", explique Kim Daenen, porte-parole de Brussels Airlines. "Mais nos coûts pour l’achat du kérosène sont déjà 16% plus élevés que ceux de l’an dernier, où le carburant représentait 25% de nos coûts, contre 27% cette année."

Tension palpable

À Zaventem, la tension est palpable. Le personnel attend toujours de la CEO Foerster le plan d’intégration de Brussels Airlines au sein de la filiale low cost de Lufthansa, Eurowings. Les syndicats craignent le déménagement des emplois administratifs vers l’Allemagne. "Tout le monde est à la fois curieux et inquiet", explique un collaborateur.

Entre-temps, l’influence de Lufthansa à Bruxelles se fait progressivement sentir. Le mois dernier, Brussels Airlines a mis fin au vol direct à destination de Mumbai. "Pas rentable", pour les Allemands. Mais selon des proches du dossier, Lufthansa considérait cette ligne comme une concurrente de ses vols au départ de Francfort. On craint à Zaventem la suppression d’autres liaisons, en particulier Bruxelles-Toronto (Canada).

La bonne nouvelle, pour l’instant, c’est que Brussels Airlines surfe sur la vague du boom du trafic aérien mondial. Le nombre de passagers transportés augmente sensiblement depuis des mois. En juillet, Brussels Airlines a battu son record mensuel, avec pour la première fois plus de 1 million de passagers.

Les activités à Düsseldorf – où Brussels Airlines assure trois liaisons vers les États-Unis pour Eurowings – sont un succès. Résultat: la compagnie belge s’est vu confier deux autres destinations: Newark (New York) et Las Vegas.

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