Brussels Airlines va réduire la voilure

Christina Foerster, CEO de Brussels Airlines ©BELGA

Dans les trois années à venir, la compagnie va opérer une cure d’amaigrissement en supprimant des emplois, mais sans licenciements collectifs. Une baisse du nombre d’avions et de destinations est aussi à l’étude.

Brussels Airlines planche sur un plan de réorganisation. Baptisé "Reboot", il est destiné à permettre à la compagnie aérienne belge de se rapprocher de l’entité "premium" de son actionnaire, l’allemand Lufthansa, qui réunit la compagnie éponyme, Swiss et Austrian Airlines. Une exigence de sa maison mère après le virage stratégique opéré fin juin avec l’arrêt de l’intégration de Brussels Airlines dans l’entité low-cost du groupe, Eurowings, largement déficitaire.

"Tant qu’il n’y a rien de concret sur la table, on ne peut pas discuter."
Paul Buekenhout
Syndicat LBC-NVK

La compagnie sort d’années difficiles avec cerise sur le gâteau, la faillite le mois dernier, de Thomas Cook Belgique, dont Brussels Airlines opérait les vols. Sa marge bénéficiaire est quasi nulle. En moyenne, un seul siège sur 154 est rentable au sein de ses avions. Pourtant le standard de rentabilité dans le secteur aérien est de 6%. Fin de l’été, Christina Foerster, la CEO, se montrait même très ambitieuse en annonçant son souhait de dégager une marge bénéficiaire de 8% à l’horizon 2022.

La direction présentera les détails de ce plan Reboot au board de Lufthansa fin novembre. En attendant, elle commence - doucement - à informer les syndicats qui réuniront le personnel ce jeudi.

D’ici 2022, la taille de Brussels Airlines devrait se réduire. Cela implique moins de personnel, bien que la direction se refuse à ce stade à chiffrer les pertes d’emplois. La compagnie ne devrait toutefois pas procéder à des licenciements collectifs. La réduction de l’effectif sera absorbée par les départs volontaires.

La VRT évoque des primes de départ supérieures de 40% à la norme et un plan d’accompagnement d’un an pour ceux qui choisissent de quitter l’entreprise. Deux mesures que la porte-parole, Maaike Andries, refuse de commenter. En revanche, "chaque département de la compagnie est scruté pour voir si des économies sont possibles. Une réduction du nombre d’avions et de destinations est ainsi également à l’étude", indique-t-elle. Plus globalement, la CEO veut réduire les coûts de 8 à 12% au cours des prochaines années.

Selon Paul Buekenhout, du syndicat chrétien LBC-NVK, "il n’y a encore rien de concret sur la table.Tant qu’on n’en sait pas plus, on ne peut pas discuter. On ne sait ni quelles destinations, ni quels types d’avions, ni quels départements seront touchés. On parle de départs volontaires mais on ne sait pas combien, ni qui sera impliqué. Nous ne savons pas quelles lignes sont rentables ou non et n’avons pas non plus d’information sur l’impact concret de la faillite de Thomas Cook. Nous n’avons aucun chiffre si ce n’est l’objectif de 8% de marge, ce qui paraît optimiste."

Seule certitude a priori: le desk Afrique, un des points forts historiques de la compagnie, restera à Bruxelles. Logique: c’est sur ces destinations que Brussels Airlines enregistre l’essentiel de ses bénéfices.

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