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Brussels Airlines vise l'équilibre en 2022

En 2020, Brussels Airlines a vu son nombre de passagers transportés chuter de 77%. ©REUTERS

La compagnie belge a accusé la perte la plus sévère de son histoire l’an dernier. Alors qu’en plus, elle était dans un processus de restructuration. Malgré cela, elle vise l’équilibre d'ici un an.

"Tout dépendra de cet été !" La formule a été répétée ce jeudi par le nouveau CEO de Brussels Airlines (SN), Peter Gerber, et par la nouvelle responsable des Finances, Nina Öwerdieck.

L’objectif de Brussels Airlines est d’atteindre l’équilibre en 2022 ou 2023 et une marge bénéficiaire de 8% en 2024. C’était un objectif d’avant la pandémie et le reste toujours. Un beau défi pour une compagnie qui, déjà avant l’arrivée du virus, cherchait un retour à la rentabilité via ses plans "Reboot" puis "Reboot +".

On imaginait bien que les chiffres de 2020 ne seraient pas bons. Ils sont catastrophiques. 293 millions d'euros de pertes EBIT (ajustées à des pertes de valeur d’avions loués), un chiffre d’affaires en plongeon de 72% à 414 millions, 77% de passagers (2,3 millions) en moins et surtout, une impossibilité totale de faire des prévisions pour les prochains mois pour deux raisons : les réglementations d’accès dans les pays changent en permanence et – conséquence logique – les passagers réservent à la toute dernière minute.

- 77%
de passagers transportés
En 2020, Brussels Airlines a transporté 2,362 millions de passagers soit un recul de 77%.

SN joue dès lors la flexibilité à fond. L’idée est bien de remplir les avions au mieux pour que chaque vol soit rentable. Et ça fonctionne plutôt bien, surtout sur le long-courrier, c’est-à-dire l’Afrique, dont SN demeure le pilier du groupe Lufthansa. Le long-courrier devrait d’ailleurs prendre de l’ampleur cet été, avec des augmentations de fréquences (vol quotidien sur Kinshasa, par exemple) et la reprise de vols transatlantiques, dont la réouverture de Montréal.

Petit bémol, les contrats de wet-lease (location d'avions avec équipage) de long-courriers pour Eurowings arrivent à échéance fin mai et ne seront pas renouvelés. 256 emplois sont en balance, mais essentiellement sous contrats allemands. Mais il y a aussi dix-huit pilotes belges, pour lesquels il faudra trouver des solutions. Rappelons que SN préserve bien le maintien des licences (et leurs compétences) de son personnel de maîtrise en les gardant en vol à tour de rôle.

"Reboot+" avance bien

La pandémie, la mise au sol pendant douze semaines de la totalité des avions de Brussels (fin mars jusqu’au 15 juin) et la chute dramatique du trafic n’ont pas empêché la compagnie de poursuivre son programme de restructuration qui prévoit un retour à une marge opérationnelle en 2024. Cela peut paraître terriblement optimiste, mais les nouveaux patrons y croient.

D’abord, parce que le programme Reboot+ avance bien. Prenons l’exemple de l’emploi. Il devait être diminué de 20% (par rapport à 2019). On a atteint déjà les 18% et, se réjouit Nina Öwerdieck, "70% de ceux-ci, avec notre soutien, ont déjà retrouvé du travail". Par ailleurs, sur les 189 initiatives de réduction de coûts, 66 ont trouvé un aboutissement. Actuellement, SN s’autorise une diminution de 3,3% en CASK, terme technique qui signifie "coût par siège-kilomètre offert". Sans entrer dans les détails, c’est beaucoup.

La flotte a été un peu réduite : de 10 à 8 long-courrier A330-300 qui s’ajoutent aux 30 A319/A320. Huit A319 sont amenés à être remplacés par des A320 pour unifier la flotte. On verra après pour d’éventuels A321 en long-courrier.

Avec un investissement de 170 millions du groupe Lufthansa en 2020 et un prêt de l’État belge de 290 millions, Brussels Airlines n’est pas en manque de liquidités.

Restent les finances. Avec un investissement l’an dernier de 170 millions du groupe Lufthansa et avec un prêt de l’État belge de 290 millions, dont seuls 190 millions ont été utilisés, la compagnie n’est pas en manque de liquidités. Faudra-t-il ultérieurement des rallonges ? Tout dépend de la reprise du trafic si déconfinement il y a, si la vaccination ouvre les frontières, si les passagers ont confiance, si les réglementations ne changent pas au jour le jour… si…, si…, si…

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