Brussels Airport et les aéroports wallons passent à l'attaque contre skeyes

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Brussels Airlines, Brussels Airport, TUI, Ryanair se tournent vers les tribunaux pour obtenir des astreintes en cas de nouvelles grèves du personnel de skeyes. Les aéroports wallons vont quant à eux déposer une requête unilatérale pour demander la continuité du service et mener une action sur le fond.

Brussels Airlines avait déjà obtenu la semaine dernière des astreintes après la grève sauvage de skeyes. Ce mardi, c'est l'aéroport de Bruxelles qui passe à l'attaque.

Brussels Airport, associé à Brussels Airlines et TUI, va déposer devant la chambre néerlandophone du Tribunal des entreprises de Bruxelles une requête en référé (en urgence) pour obtenir des astreintes de l'ex-Belgocontrol en cas de nouvelles grèves. Brussels Airport Company, la société qui exploite l'aéroport de Zaventem, demande une astreinte de 50.000 euros par vol touché dans le cadre de son recours en référé contre Skeyes afin d'obtenir la garantie que la société chargée du contrôle aérien en Belgique assure ses prestations. Cela concerne tous les vols, peu importe la compagnie, tant au départ qu'à l'arrivée. 

"Nous demandons à skeyes d'assurer le service auquel nous avons droit sous peine d'astreintes", indique-t-on chez TUI. Le montant de ces astreintes sera toutefois fixé lors de l'audience. 

"Depuis mi-février, skeyes n'assure plus le contrôle du trafic aérien de manière continue. Ces trois derniers mois, l’espace aérien a été fermé partiellement voire complètement minimum 1 jour sur 3", insiste-t-on auprès de Brussels Airport. Les autorités aéroportuaires dénoncent aussi les annonces tardives de ces actions qui ne permettent pas de proposer des alternatives aux passagers. 

Du côté de Brussels Airlines, on indique qu'outre cette action commune, une prolongation a aussi été demandée pour les astreintes de 10.000 euros par vol européen annulé et 20.000 euros par vol long-courrier annulé; des astreintes obtenues la semaine dernière et qui courent jusqu'à dimanche. 

Les aéroports wallons embrayent

Les aéroports wallons (BSCA, Liege Airport, la Sowaer) vont de leur côté déposer une requête unilatérale pour demander la continuité du service et mener une action sur le fond. "Trop is te veel", a déclaré à Silly le ministre wallon en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke. "Skeyes n'est plus un partenaire en termes de fiabilité", a ajouté le ministre qui a annoncé la création d'un front wallon "dur et déterminé" des aéroports et de la Sowaer (Société wallonne des aéroports) contre le gestionnaire du trafic aérien Skeyes.

"Nous analyserons les alternatives fiables à skeyes."
Jean-Luc Crucke
ministre wallon en charge des Aéroports

"Les aéroports et la Sowaer vont déposer une requête unilatérale pour demander la continuité du service et réclamer des astreintes s'il n'est pas assuré. Par ailleurs, le comité stratégique de la Sowaer va être convoqué de manière à lancer une action sur le fond pour réclamer des indemnisations. Les aéroports n'ont pas à subir l'impact causé par skeyes", a précisé le ministre. "Enfin, une fois que nous avons reçu l'étude du consultant Pegasus, nous analyserons les alternatives fiables à skeyes." 

Le conseil d'administration de l'aéroport de Charleroi se réunit jeudi pour se prononcer sur ces actions. Celui de Liege Airport sera convoqué dans l'urgence. Le comité stratégique de la Sowaer doit se réunir dans le courant de la semaine. 

Ryanair aussi!

Ryanair poursuit le même chemin. La compagnie low cost va également déposer une requête auprès du tribunal afin de demander une astreinte de 250.000 euros si le conflit chez skeyes perdure et trouble encore le trafic aérien. La compagnie se réserve aussi le droit d'attaquer le contrôleur pour les dommages subis lors des précédentes actions. 

Liege Cargo Handling Services (LACHS) et la compagnie aérienne Cargo Airlines (CAL) s'étaient elles aussi tournées en avril vers les tribunaux pour dénoncer les grèves des aiguilleurs du ciel.

Le conflit social chez skeyes dure depuis des mois. Il y a quinze jours, un accord était conclu pour une réorganisation du temps de travail. La CSC-Transcom et les libéraux du VSOA avaient toutefois rejeté cet accord.

Le personnel était ainsi reparti en grève jeudi dernier alors qu'une séance d'information était organisée chez skeyes sur le texte de l'accord. Direction et syndicats sont donc retournés autour de la table. Prochaine réunion: jeudi. 

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