Brussels Airport tirera la langue en 2020

©AFP

Avec deux mois de disette qui s'annoncent à Brussels Airport, les activités vont souffrir cette année à Zaventem.

À l'aéroport de Zaventem, le coronavirus représente la plus grande crise depuis les attentats de Bruxelles. Mardi, 20 à 25% des vols étaient annulés. Une situation qui pourrait par ailleurs s'aggraver au jour le jour. "Les perspectives pour mars sont négatives", avoue la porte-parole de l'aéroport, Nathalie Pierard. Et pour cause, en plus du fait que 70% des vols vers l'Italie depuis Zaventem sont annulés, de nombreux passagers ne prennent pas leurs vols.

187
millions de passagers
Il y aurait potentiellement 187 millions de passagers en moins dans les aéroports européens en 2020.

Ces "no show" se traduisent en pertes sèches pour l'aéroport national, car il s'agit d"autant de passagers qui ne consommeront pas dans l'aéroport et qui ne payeront pas de taxes aéroportuaires. Un phénomène que l'on observe aussi à l'aéroport de Charleroi, même s'il est "difficile à quantifier", selon le porte-parole de BSCA, Vincent Grassa. Ryanair vient d'annoncer un gel complet de ses vols vers l'Italie.

C'est paradoxal, les chiffres de février sont plutôt bons pour Brussels Airport avec une croissance de 6% par rapport à février 2019. La grève nationale du 13 février 2019, les vacances de carnaval en février 2020 et le jour supplémentaire en 2020 (50 à 60.000 passagers en plus) ont fait du bien aux chiffres qui seraient plutôt stables, voire négatifs, sans ces effets exceptionnels.

Mars et avril négatifs 

Pour la suite, l'aéroport national s'attend à des mois difficiles. "Les perspectives pour mars sont négatives. Il s'agit d'un mois calme pour les voyages privés et toutes les entreprises suppriment ou reportent leurs déplacements", précise Nathalie Pierard. 

"Mars et avril seront compliqués."
Nathalie Pierard
Porte-parole de Brussels Airport

Il semble déjà acté qu'avril sera aussi un mois compliqué. Dans 4 semaines, ce sont les vacances de Pâques et il est fort probable que de nombreux passagers fassent l'impasse sur l'avion lors de celles-ci, même si un espoir persiste du côté des compagnies aériennes qui ont annoncé des mesures jusqu'au 3 avril. L'année passée, ces vacances ont représenté 1,3 million de passagers. Un mois complet représente 1,7 million de passagers.

Rien qu'avec ces deux mois de disette, on peut donc spéculer que Brussels Airport ne gagnera pas d'argent cette année, car une bonne partie des coûts fixes restent, même si de nombreux vols sont annulés. D'autres activités vont aussi souffrir. On pense au Sheraton, le Skyhall, les parkings, les zones commerciales, etc.

L'association des aéroports européens annonce déjà la couleur: sur l'ensemble de l'année, elle attend une diminution de 187 millions de passagers et de 7,5% par rapport à 2019, alors qu'une augmentation de 2,3% était initialement attendue.

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