Brussels Airport veut lever 300 millions d'euros

Au cours des huit premiers mois de l'année, Brussels Airport a accueilli 5,5 millions de passagers, soit 69% de moins qu'au cours de la même période en 2019. ©AFP

L'aéroport de Zaventem souhaite lever jusqu'à 300 millions d'euros de dettes supplémentaires afin de mieux faire face aux lourdes conséquences de la pandémie.

Brussels Airport veut lever un maximum de 300 millions d'euros par le biais de placements privés d'ici la mi-2021, ressort-il d'une convocation à l'assemblée générale des détenteurs d'obligations que l'aéroport de Zaventem a publiée ce jeudi. L'aéroport national espère ainsi renforcer sa position de liquidité et couvrir ses dépenses en capital opérationnel.

L'aéroport de Bruxelles-National a été particulièrement touché par la crise du coronavirus et la baisse significative du trafic aérien. 2020 sera une année désastreuse, tant en termes de nombre de passagers que de résultats financiers.

"Les moyens qui seront ainsi dégagés pourront être utilisés pour notre gestion quotidienne et pour le remboursement éventuel d'autres prêts dans les années à venir."
Un porte-parole de Brussels Airport

Pour être plus solide financièrement, Brussels Airport se tourne vers les détenteurs d'obligations souscrites en 2013, 2014 et 2017. Il leur demande d'une part d'accepter un assouplissement de certaines conditions financières imposées à l'aéroport jusqu'à mi-2021, notamment en ce qui concerne le ratio de couverture des intérêts. En parallèle, il leur demande l'autorisation de contracter de nouvelles dettes pour "fournir des liquidités à l'entreprise" et "couvrir les frais généraux de fonds de roulement". Cette demande porte sur un maximum de 300 millions d'euros. L'assemblée générale est prévue le 6 novembre.

"Nous voulons profiter d'éventuelles conditions favorables sur les marchés financiers pour nous financer à long terme ou à très long terme et ainsi améliorer notre structure financière", déclare un porte-parole de l'aéroport. "Les moyens qui seront ainsi dégagés pourront être utilisés pour notre gestion quotidienne et pour le remboursement éventuel d'autres prêts dans les années à venir."

Du cash disponible

La situation à Brussels Airport est-elle alarmante? Non, disent plusieurs sources. Brussels Airport disposait à la fin août de 465 millions d'euros de cash. Et le prochain remboursement du capital d'un emprunt obligatoire (155 millions d'euros) n'aura lieu que fin 2022. Mais en raison de la forte baisse de l'activité, l'aéroport de Bruxelles brûle 30 millions d'euros par mois - soit 1 million d'euros par jour - depuis le mois d'avril.

1 million
d'euros
En raison de la forte baisse de l'activité, l'aéroport de Bruxelles brûle 1 million d'euros par jour depuis le mois d'avril.

Il va donc clôturer l'année sur des résultats financiers rouge foncé. "Nous allons perdre cette année 200 millions d'euros. Nous n'avons jamais eu à inscrire une telle perte ans nos comptes. Mais nous avons des réserves. Nous survivrons à cela", déclarait le CEO Arnaud Feist dans plusieurs interviews fin septembre.

Sur les huit premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires de Brussels Airport a fondu à 168 millions d'euros, près de deux tiers de moins que celui réalisé sur la même période en 2019 (415 millions). L'excédent brut d'exploitation (ebitda) a plongé de plus de 80%, à 39 millions d'euros. Durant cette période, l'aéroport a accueilli 5,5 millions de passagers, alors que le compteur s'élevait à 17,66 millions de passagers fin août 2019.

Retour à la normale pas avant 2024?

Sur l'ensemble de 2020, Arnaud Feist table sur un chiffre d'affaires de 258 millions et sur une perte nette de 200 millions, contre un chiffre d'affaires de 658 millions et un bénéfice net de 76,5 millions en 2019. Le nombre de passagers devrait être compris entre 8 et 9 millions - très loin du record de 26 millions de passagers de l'année dernière.

Le CEO de Brussels Airport n'attend pas un retour à la normale avant 2024 ou 2025.

Le CEO de Brussels Airport n'est pas optimiste à court terme. Alors que fin juin, il évoquait un retour à la normale en 2022 si tout se passait bien, il expliquait fin septembre qu'il ne voyait plus la lumière au bout du tunnel, vu l'évolution rapide du nombre d'infections au coronavirus. "La situation ne reviendra à la normale qu'en 2024 ou 2025. Ce n'est qu'alors que nous reviendrons au niveau de l'an dernier."

Tout savoir sur le coronavirus

Pour tout savoir sur l'évolution de la situation sanitaire et ses conséquences économiques et sociales, les dernières news et les décryptages et opinions, rendez-vous dans notre dossier "Coronavirus".

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés