"Catastrophe économique" pour Liege Airport

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L'aéroport de Liège souffre des problèmes dus au manque de personnel chez Skeyes. On parle d'une situation "ingérable" qui s'apparente à une "catastrophe économique".

La situation est juste devenue ingérable. Cela coûte des millions d'euros sur le court terme sans parler des dégâts au niveau de l'image de marque de Liege Airport et du paysage aérien belge. C'est une catastrophe économique.
Christian Delcourt
Communication manager Liege Airport

L'interruption du trafic aérien de minuit à 06h00, en raison d'un manque de personnel chez Skeyes, a "impacté" une cinquantaine de vols cargo à Liege Airport. A Brussels Airport, en revanche, la fermeture de l'espace aérien durant la nuit n'a engendré que des perturbations somme toute limitées mardi matin, avec des retards d'une demi-heure en moyenne pour les vols passagers. Aucun vol passager n'a dû être annulé, 20 vols cargo sont restés cloués au sol.

Liege Airport est donc l'aéroport belge le plus touché depuis un mois et demi par ces problèmes nocturnes à répétition dans le ciel belge. Au sein de l'aéroport wallon, on parle d'une situation "ingérable" qui s'apparente à une "catastrophe économique". Concrètement, une trentaine de vols ont été retardés, 15 n'ont pas pu assurer leur circuit habituel et cinq ont été annulés. A Charleroi, la fermeture nocturne de l'espace aérien n'a pas eu de répercussions.

"La situation est juste devenue ingérable"

Si l'aéroport wallon dit pouvoir comprendre le mouvement social en cours au sein de l'organisme en charge du contrôle aérien, la situation n'en pénalise pas moins lourdement les équipes des manutentionnaires et des compagnies aériennes actives sur le tarmac liégeois.

"La situation est juste devenue ingérable. Cela coûte des millions d'euros sur le court terme sans parler des dégâts au niveau de l'image de marque de Liege Airport et du paysage aérien belge. C'est une catastrophe économique", résume Christian Delcourt, le porte parole de l'aéroport liégeois. "On ne peut pas continuer à payer pour un service qui n'est pas bien rendu", estime-t-il, alors que l'aéroport wallon plaide, à moyen terme, pour une régionalisation du contrôle aérien et pour la privatisation de ce service.

Jean-Luc Crucke, le ministre en charge des infrastructures aéroportuaires en Wallonie, n'avait lui-même pas non plus caché pas sa colère: "Il y a une forme d’incompréhension par rapport à la gravité de la situation. Je me demande si tout le monde mesure les risques que l’on fait prendre, notamment sur le plan wallon, à des entreprises qui ont, dans les moments les plus difficiles, réussi à se réorienter et à donner des messages d’espoir en terme de développement. Je me demande si certains vivent dans le même monde."

Le ministre Crucke avait ainsi demandé à la Sowaer, l’agence wallonne qui gère les aéroports, d’analyser les différentes possibilités. Les experts de la Sowaer ont étudié différents scénarios dont la possibilité de "supprimer purement et simplement l’intervention de Skeyes, en abaissant le plafond d’intervention d’Eurocontrol (qui gère l’espace aérien au-dessus de 24.500 pieds, ndlr)". Au final, la Sowaer recommande à la Région wallonne la voie de la négociation avec le Fédéral en ajoutant de clauses contraignantes dans le prochain contrat de gestion... 

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