Ceci n'est pas une compagnie aérienne bruxelloise!

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"Brussels Airlines n'est pas une compagnie flamingante, mais internationale". C'est la réponse de la direction de la compagnie aérienne alors que le représentant de la CNE dénonce le fait qu'il n'ait pas d'accès aux conseils d'entreprise extraordinaires. Une situation liée au fait que le siège opérationnel de Brussels Airlines se trouve en Flandre.

C'est un sacré pavé dans la marre que lance le représentant du syndicat chrétien francophone (CNE) au sein de Brussels Airlines. Dans les colonnes de "La Libre Belgique", Didier Lebbe explique être persona non grata aux conseils d'entreprises extraordinaires de la compagnie aérienne belge; et ce depuis 10 ans. Il indique que, désormais, un garde de sécurité lui barre la route et que la réception a pour mot d'ordre de "ne pas laisser entrer Monsieur Lebbe".

J'ai encore écrit à Christina Foerster (CEO) la semaine dernière. Elle a transmis ma lettre au service du personnel qui m'a répondu que le siège de Brussels Airlines est situé en Région flamande où la langue officielle est le néerlandais.
Didier Lebbe
CNE

"Mon problème n'est pas le néerlandais. Mon problème est qu'il y a une réalité dans cette entreprise, où dans les avions, les couloirs ou les instances de concertation les gens parlent français, néerlandais et anglais. Or certains nient cette réalité", explique Didier Lebbe. Pour lui, l'essentiel est qu'en tant que membre du personnel, on soit défendu par son représentant quand on en estime le besoin.   

Les conseils d'entreprise, il les passe donc sur le trottoir, connecté via WhatsApp avec son collègue flamand, à qui il demande de poser ses questions.   

Des courriers ont déjà été envoyés à plusieurs reprises à la direction, sans changement. "J'ai encore écrit à Christina Foerster (CEO) la semaine dernière. Elle a transmis ma lettre au service du personnel qui m'a répondu que le siège de Brussels Airlines est situé en Région flamande où la langue officielle est le néerlandais. J'ai demandé confirmation à Madame Foerster, pas de réponse." 

La discussion est ailleurs 

Contactée, la direction de Brussels Airlines s'en défend. "La base de la discussion n'est pas la langue, mais le fait que Monsieur Lebbe veut entrer dans une réunion alors qu'il y a un accord entre syndicats pour n'avoir qu'un seul représentant par syndicat présent. Il s'agit d'une décision entre syndicats", explique Kim Daenen, porte-parole, qui insiste: "Brussels Airlines n'est nullement une entreprise flamingante. Nous sommes une compagnie internationale, où la langue utilisée est l'anglais."

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La direction appuie encore ses dires sur l'emploi des langues en ajoutant que, comme le prévoit la loi, le conseil d'entreprise se tient dans la langue de la région où se trouve le siège opérationnel. Si le siège historique – et totalement déserté – de Brussels Airlines Holding est encore situé à Ixelles, le siège opérationnel, qui accueille toute la direction, est lui basé à Diegem, en Région flamande donc.  

Sous le feu de nos question, la porte-parole ajoutera: "Je n'en dirai pas plus." 

Et la structure du syndicat? 

Sans vouloir toutefois parler de boycott de la CNE au conseil d'entreprise, le représentant de l'ACV Puls (ex-LBC) Paul Beukenhout confirme la volonté de la direction de Brussels Airlines de ne pas laisser entrer le syndicaliste francophone.

Démentant tout accord entre syndicats, il affirme que la direction de la compagnie aérienne ne respecte tout bonnement pas la structure du syndicat chrétien pour les employés; un syndicat composé pour les travailleurs néerlandophones de l'ACV Puls, et de la CNE pour les francophones. Il rappelle qu'à contrario, Didier Lebbe siège sans problème au comité paritaire du secteur.

Une vieille habitude

Également présente au conseil d'entreprise de Brussels Airlines, Anita Van Hoof (SETCa-BBTK) affirme ne pas vouloir entrer dans ce genre de discussions. "Nous sommes là pour défendre les travailleurs tant francophones que néerlandophones. Nous faisons, par ailleurs, face à un plan de transformation, c'est le plus important."

Elle reconnaît toutefois qu'il existe chez Brussels Airlines une vieille "habitude" qui prévoit qu'il n'y ait qu'un permanent par couleur syndicale. Elle reconnaît cependant que, dans cette situation, la structure bilingue du syndicat socialiste facilite grandement la chose. 

Quoi qu'il en soit, Didier Lebbe conclut en disant que la périphérie bruxelloise située en Flandre compte de nombreuses entreprises employant aussi des francophones. "Cela ne pose aucun problème que le français soit utilisé dans les réunions. Certaines grosses sociétés traduisent même systématiquement les documents en français."   

Ceci n'est donc pas une compagnie aérienne "bruxelloise"!

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