Cent cinquante millions d'euros de pertes pour Brussels Airport en 2020

Cette année, Brussels Airport espère accueillir 15 millions de passagers, soit le double de 2020. ©Photo News

L’an dernier, l’aéroport national a réalisé 50 millions d’euros de pertes de moins qu’attendu, mais ne distribuera aucun dividende cette année. Ce n’est qu’en 2025 que Brussels Airport s’attend à avoir digéré la crise du coronavirus.

L’impact financier de la crise du coronavirus sur Brussels Airport est un peu moins grave qu’attendu. D’après une de nos sources, notre aéroport national afficherait une perte de 150 millions d’euros pour l’exercice 2020, soit 25% de moins que la perte de 200 millions d’euros annoncée précédemment par le patron de l’aéroport, Arnaud Feist.

Ces résultats légèrement meilleurs qu’attendu sont peut-être à mettre à l’actif de la hausse du trafic à Brucargo. L’an dernier, le département fret de Brussels Airport a crû de 2%. En tant que hub pharmaceutique, Zaventem est très impliqué dans le transport du vaccin contre le coronavirus. L’aéroport profite également du vaste réseau de Brussels Airlines en Afrique.

6,7
millions de passagers
En 2020, Brussels Airport n’a accueilli que 6,7 millions de voyageurs, soit une baisse de 75% par rapport à l’année record 2019.

Malgré ces chiffres encourageants, l’aéroport vit des moments difficiles. A cause de l’effondrement du trafic aérien dû aux mesures de confinement mondiales, l’aéroport n’a accueilli l’an dernier que 6,7 millions de voyageurs, ce qui représente une baisse de 75% par rapport à l’année record 2019. Par conséquent, Brussels Airport a souffert d’un important manque à gagner au niveau des revenus d’activités aéroportuaires et de locations d’espaces commerciaux.

Pour compenser cette forte baisse, l’aéroport se serre la ceinture. Par exemple, l’entreprise a réduit l’an dernier ses frais de marketing, de consultance et d’entretien. Le patron de l’aéroport, Arnaud Feist a réduit les investissements de 33% et placé la majeure partie du personnel en chômage temporaire. En décembre, Brussels Airport a annoncé une première vague de licenciements. Une deuxième restructuration serait en préparation.

Cinq ans pour digérer la crise

Le management de l’aéroport ne s’attend pas à une reprise rapide. Brussels Airport espère accueillir 15 millions de passagers en 2021, soit le double de l’an dernier. Mais la crise du coronavirus s’annonce plus longue que prévu. Alors que l’été dernier Arnaud Feist s’attendait à retrouver en 2023 et 2024 le même nombre de passagers qu’avant la crise, cet objectif aurait été reporté à 2025 si l’on en croit les récentes estimations. Cette année-là, l’aéroport espère accueillir 26,9 millions de voyageurs, soit un peu plus qu’en 2019.

Comme l'an dernier, les actionnaires de Brussels Airport ont décidé de ne pas distribuer de dividende en 2021. Cette décision risque de faire mal au budget de l’Etat belge, qui détient 25% du capital de l’entreprise.

Cette année, Brussels Airport – qui n’a pas souhaité répondre à nos questions – devrait encore être déficitaire. Son CEO s’attendrait à une perte nette de 20 millions d’euros pour l’exercice 2021. Ce n’est que l’an prochain que l’aéroport espère revenir dans le vert, avec un bénéfice net de 41 millions d’euros, soit beaucoup moins que les excellents résultats auxquels l’aéroport nous avait habitués. Même en 2016 – l’année des attentats de Bruxelles – Brussels Airport avait clôturé l’exercice avec un bénéfice net de 65 millions d’euros.

Comme l’an dernier, les actionnaires de Brussels Airport ont décidé de ne pas distribuer de dividende en 2021. Cette décision risque de faire mal au budget de l’Etat belge, qui détient 25% du capital de l’entreprise. Mais la plus grande victime de cette situation est le consortium autour du fonds de pension néerlandais APG. Début 2019, le fonds a investi plus de 2 milliards d’euros pour acquérir une participation de 36% dans Brussels Airport. Le consortium souhaitait rapidement amortir cet investissement grâce aux généreux dividendes généralement distribués par l’aéroport de Zaventem. Mais la crise du coronavirus a rebattu les cartes.

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