"Certaines compagnies aériennes ne passeront pas l'hiver"

©AFP

La compagnie aérienne à bas prix, Ryanair, termine son exercice annuel sur un bénéfice record. Elle ne devrait toutefois pas réitérer cet exploit lors de l'exercice en cours. Michael O'Leary, son patron parle d'un "pessimisme prudent".

Bénéfice annuel record pour Ryanair  ; et ce en dépit de cafouillages dans l'organisation des horaires des pilotes qui ont entraîné des annulations de vols et un conflit avec ses pilotes. La compagnie affirme toutefois que son bénéfice diminuera sur l'exercice en cours. En cause? La hausse des coûts et des tarifs globalement stables.

Le transporteur à bas coûts, première compagnie aérienne européenne en termes de passagers transportés, a annulé 20.000 vols en septembre en raison de cafouillages dans les tableaux de services, une mesure d'urgence destinée à assurer le bon fonctionnement de sa flotte de 400 avions sur le restant de l'année.

Les annulations ont terni l'image de la compagnie et l'ont contraint à revoir pour la première fois depuis des années son plan de croissance, bien que Ryanair ait insisté sur le fait que ces mesures étaient temporaires et que son objectif de croissance à long terme demeurait inchangé.

Mais revenons aux résultats de Ryanair.

→ La compagnie termine son exercice fiscal annuel avec un bénéfice après impôt de 1,45 milliard d'euros (+10% et légèrement supérieur à la prévision moyenne des analystes donnée par la compagnie qui était de 1,44 milliard).
→ Elle s'attend à réaliser un bénéfice après impôt compris entre 1,25 milliard et 1,35 milliard d'euros pour l'exercice en cours, ce qui est inférieur au consensus des analystes qui est de 1,37 milliard d'euros.
→ Elle prévoit désormais une croissance du trafic de 7% à 139 millions de passagers, contre 138 millions précédemment.
→ Les coûts unitaires sont attendus en hausse de 9% en raison d'une hausse des coûts salariaux et des prix du pétrole que ne compenseraient pas totalement les revenus autres que ceux tirés des billets d'avions, et de tarifs qui devraient globalement stagner.

"Nos perspectives pour l'exercice 2019 sont teintées d'un pessimisme prudent", déclare le directeur général Michael O'Leary dans un communiqué. "Les réservations sont solides mais on peut difficilement augmenter les prix. S'il est encore trop tôt pour prévoir avec précision les réservations de l'été ou les tarifs du second semestre, nous restons prudents et anticipons des tarifs moyens globalement stables sur l'exercice 2019", a-t-il déclaré.

Michael O'Leary va même plus loin: certaines compagnies aériennes ne passeront pas l'hiver, dû aux prix pétroliers élevés, lance-t-il. "Un prix du baril proche des 80 dollars va entraîner un bouleversement important dans l'industrie dès cet hiver. Certaines compagnies déficitaires ne pourront plus gagner de l'argent alors qu'elles survivaient déjà difficilement avec un baril à 40 dollars."  

Ce ton pessimiste contraste avec celui de son concurrent EasyJet, deuxième compagnie aérienne à bas prix d'Europe. Elle a annoncé la semaine dernière anticiper pour son exercice annuel en cours un bénéfice imposable en hausse de 30%, grâce à une forte demande et faillite de certains de ses concurrents.

L'action Ryanair a clôturé vendredi à 15,50 euros, en baisse de 22% par rapport à son sommet historique de 19,80 euros enregistré en août avant les premières annulations, mais en hausse de 9% par rapport à un creux de 14,2 euros touché à la mi-décembre.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content