Charles Michel dispose d'une arme de négociation face à Lufthansa

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Le gouvernement belge veut mettre la pression sur Lufthansa. Il dispose d'une arme: les slots aéronautiques et les fameux "droits de voler". Les slots de Brussels Airlines seront revus si Lufthansa s’en prend à l’emploi belge.

Surpris, début de semaine, par l’annonce abrupte du licenciement du management belge de Brussels Airlines par l’actionnaire allemand, le gouvernement fédéral s’est ressaisi puisque c’est une délégation allemande de haut niveau que le Premier ministre Charles Michel a rencontrée, dans la discrétion la plus complète, à Bruxelles.

Le CEO de Lufthansa, Carsten Spohr, s’est déplacé pour montrer patte blanche aux Belges et tenter de les rassurer sur le sort des quelque 3.500 personnes qui travaillent pour Brussels Airlines. Poids lourd de l’économie allemande, manager de l’année en 2017 outre-Rhin, Carsten Spohr a la réputation d’un dur à cuire… "Il peut être très entêté et direct, ce qui est assez rare à ce niveau", explique un dirigeant du monde aéronautique qui a plusieurs fois négocié avec lui.

Lufthansa tient beaucoup aux slots et aux "droits de voler" de Brussels Airlines vers l’Afrique et l’Inde.
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Carsten Spohr était accompagné du patron de la compagnie Eurowings (Thorsten Dirks), filiale low cost de Lufthansa, et de la nouvelle CEO de Brussels Airlines, Christina Foerster, qui a remplacé le Belge Bernard Gustin à la tête de l’entreprise début de semaine.

Il est clair que des craintes pèsent sur le futur du personnel de Brussels Airlines: les services administratifs, par exemple, pourraient facilement être déplacés à Cologne, au siège d’Eurowings.

Dans sa poche, néanmoins, le gouvernement belge dispose d’une arme de négociation: les slots aéronautiques et les fameux "droits de voler"; ceux-ci sont délivrés par les pays lors de négociations. Ces slots sont accordés et revus à intervalles réguliers et donnent un avantage concurrentiel à Brussels Airlines. Si le groupe Lufthansa venait à ne pas respecter l’emploi en Belgique, nul doute que certains de ses slots seraient beaucoup plus difficiles à obtenir. Or, un groupe comme Lufthansa ne peut pas se permettre de ne pas desservir l’aéroport de la capitale de l’Europe. Lufthansa tient également beaucoup aux "droits de voler" de Brussels Airlines vers l’Afrique et l’Inde.

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