Ciel plombé pour Ryanair

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Ryanair affiche son plus faible bénéfice annuel en quatre ans. La compagnie ne déborde pas d'enthousiasme pour l'avenir et vise un bénéfice encore inférieur pour 2019-2020.

Exercice 2018-2019 compliqué pour la compagnie aérienne à bas coûts. Après avoir revu à la baisse ses prévisions à deux reprises, Ryanair affiche son résultat annuel le plus faible en quatre ans. Pour le prochain exercice, Ryanair ne voit guère les nuages se dissiper et prévoit même un nouveau recul de son bénéfice qui devrait se situer entre 750 et 950 millions.

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Michaël O'Leary, CEO, affirme avoir "zéro visibilité" pour le second semestre, qui englobe la période hivernale. Pour le premier trimestre, il fait par contre état d'un taux de réservations plus élevé. Néanmoins, la hauteur des bénéfices dépendra des tarifs "last minute" et de la situation politique au Royaume-Uni. Quant au prix des carburants, une nouvelle hausse est attendue: +460 millions d'euros.

"Franchement, si nous sommes bien dans une période où il va y avoir une guerre des prix usante, les bénéfices vont en souffrir pendant un ou deux ans et je pense que c'est ce à quoi les actionnaires devraient s'attendre", a-t-il déclaré dans une présentation vidéo.

Gerald Khoo, analyste chez Liberum, a qualifié de "décevantes" la prévision de bénéfice et celle d'une hausse des coûts de 2% hors carburant - liée aux problèmes du 737 MAX de Boeing. La société de courtage Davy Stockbrokers a dit qu'elle réduirait ses prévisions de 9% tout en estimant que le point bas avait probablement été atteint.

Retards de livraison et surcapacité

La compagnie pointe aussi du doigt les retards de livraison de ses 5 Boeing 737 MAX et un problème de surcapacité. Ryanair se joint ainsi aux autres compagnies qui dénoncent la pratique des sièges excédentaires. Associée aux coûts élevés des carburants et à la faiblesse économique, elle pèse sur les marges.

Lufthansa avait ainsi déjà annoncé une réduction de la capacité de sa filiale low cost Eurowings. Quant au cours de l'action de Thomas Cook, elle a dévissé alors que les analystes affirmaient que la dette du voyagiste était supérieure à sa valeur, et ce alors que la demande bégaie.

Effet Pâques et billets

Pour les douze derniers mois (en exercice décalé), Ryanair affiche un bénéfice net de 1,02 milliard d'euros contre 1,45 milliard un an auparavant, affecté par la concurrence qui a pesé sur le prix des billets.  Le groupe irlandais a constaté in fine un repli de 6% de ses tarifs moyens, à 37 euros le billet. Enfin, Michaël O'Leary précise aussi que, compte tenu des dates des vacances de Pâques, les résultats de cette période favorable ne pourront être intégrés que dans les résultats 2019-2020. 

Ce résultat ne prend pas en compte la perte exceptionnelle de près de 140 millions observée cette année chez Laudamotion, filiale autrichienne de Ryanair. Cette dernière louait, selon Ryanair, des avions à court terme à un prix élevé et ne s'était pas protégée des fluctuations des cours du pétrole. Le résultat net de Ryanair, Laudamotion inclus, ressort donc à 885 millions d'euros.

Les revenus progressent de 7% à 7,5 milliards d'euros. Du côté des coûts, notons la hausse de 440 millions du carburant et de 200 millions pour les frais de personnel, en ce compris une augmentation de 20% de la rémunération des pilotes.

A la Bourse de Londres, le titre Ryanair  lâchait plus de 5% à l'ouverture, retombant à 10,26 livres. 

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