Clash à Liège autour du contrat entre Protection Unit et l'aéroport

Le marché public décroché par Protection Unit concerne les opérations de surveillance et de contrôle d'accès des passagers, du personnel de cabine et des véhicules à l'aéroport, ainsi que les contrôles de sûreté spécialisés.

Protection Unit a remporté le contrat pour la surveillance de l'aéroport de Liège. Securitas cherche à faire annuler l'attribution de ce marché. Le Conseil d'État a rejeté la demande de suspension déposée par Securitas.

Protection Unit a gagné une bataille contre sa concurrente Securitas Transport Aviation Security Wallonia sur le terrain de l'aéroport de Liège. Le Conseil d'État a rejeté le recours en suspension déposé en extrême urgence par la filiale du groupe suédois Securitas contre la sélection de la firme de gardiennage wallonne par Liege Airport Security.

Fin de l'an dernier, cette filiale de Liege Airport avait, en effet, retenu Protection Unit pour les deux lots d'un marché public concernant à la fois les opérations de surveillance et de contrôle d'accès des passagers, du personnel de cabine et des véhicules à l'aéroport et les contrôles de sûreté spécialisés, tels que la détection d'explosifs.

Sept entreprises avaient déposé un dossier de candidature auprès de Liege Airport Security. Trois avaient ensuite jeté l'éponge. Les quatre autres, dont Protection Unit et la filiale de Securitas, avaient remis une offre pour le premier lot, tandis que seules les deux citées avaient également soumissionné pour le second lot. Au final, Protection Unit l'a emporté sur les deux fronts.

La filiale de Securitas a ensuite contesté la décision de sélection de Liege Airport Security devant le Conseil d'État, aussi bien en suspension qu'en annulation.

Autorisée ou pas?

Le marché de la sécurité à l'aéroport de Liège est très disputé entre Securitas Transport Aviation Security Wallonie (groupe Securitas) et Protection Unit.

Le requérant a relevé que la décision d'attribution ne mentionnait aucun document attestant que Protection Unit était autorisée à exploiter une entreprise de gardiennage. Il a poursuivi en arguant que l'autorisation de la firme wallonne avait expiré le 15 janvier 2018, soit depuis près de deux ans. Selon Securitas, Protection Unit ne pouvait plus exercer cette activité ni, dès lors, être retenue comme adjudicataire d'un marché public de gardiennage.

Liege Airport Security a démenti que cette autorisation avait expiré. "Elle est toujours en vigueur, en raison du traitement en cours par le SPF Intérieur d'une demande de renouvellement introduite par Protection Unit", a expliqué son conseil. Ce qui a été vérifié par la filiale de l'aéroport au stade de la sélection des offrants.

Concept de "tolérance"

Il est ressorti de l'examen de différents e-mails et courriers échangés qu'en effet, la demande de renouvellement d'autorisation déposée au SPF par Protection Unit avait traîné en longueur et qu'entre-temps, le Service public fédéral avait bien affirmé à l'entreprise que la poursuite de ses activités de gardiennage était "tolérée jusqu'au moment où il serait décidé de renouveler (son autorisation) ou non".

Bien que Securitas ait tenté de contre-attaquer en questionnant le concept de "tolérance" et en relevant le caractère "incertain" de cette prolongation d'autorisation, le Conseil d'État a estimé que l'autorité chargée de délivrer le précieux sésame autorisait toujours Protection Unit à prester des services de sécurité. Le moyen n'a donc pas été jugé sérieux et le recours en suspension a été rejeté dans un arrêt rendu le 13 février dernier.

Quid du recours en annulation?

Reste à voir ce qu'il adviendra du dossier en annulation. Dans ce contexte, on notera que le Conseil d'État n'a pas manqué de relever, dans l'arrêt, l'existence d'un lien d'actionnariat entre Liege Airport Security et Protection Unit. La première a la Région wallonne et Liege Airport pour actionnaires, sachant que NEB Participations détient une participation dans l'aéroport, tandis que Protection Unit compte dans son tour de table Investpartner, qui a elle-même pour actionnaire l'invest Noshaq, où l'on retrouve entre autres la Région et NEB Participations.

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