Comment contrôler un avion à l'insu de l'équipage

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La sûreté aérienne allemande préconise un système de contrôle des avions directement du sol. Le danger est que des pirates puissent en faire autant.

Après le crash de l’A320 de Germanwings le 24 mars, ça continue à gamberger ferme dans les cénacles en charge de la sécurité aérienne. La dernière idée en date vient de l’Autorité allemande responsable de ce département, qui demande à l’industrie aéronautique de mettre au point un système qui permette de prendre le contrôle d’un avion en vol dans une situation d’urgence.

Selon Klaus Dieter Scheurle, responsable de la sécurité aérienne allemande, l’idée serait de pouvoir confier aux contrôleurs aériens la maîtrise d’un appareil en vol contre la volonté des pilotes ou de ceux qui ont pris leur place. A priori, cela ne devrait pas être impossible; il suffirait d’utiliser la technologie des drones. Après tout, on a déjà téléguidé des avions de ligne, notamment en simulation de crash pour étudier les risques d’incendie.

Vulnérabilité

Bien entendu, les pilotes ne sont pas d’accord. Leur association en Allemagne, Vereinigung Cockpit, fait valoir que seul celui qui se trouve dans le cockpit dispose de l’ensemble des informations qui doivent lui permettre de prendre les décisions qui s’imposent. De son côté, l’association britannique des pilotes, la Balpa, a pointé la vulnérabilité du système et les risques supplémentaires qu’il entraînerait.

Le risque existe que des hackers prennent le contrôle d’un appareil via le réseau wifi.
Un rapport du GAO

On peut imaginer que lorsqu’un tel système existera, les risques de manipulation par des opérateurs malveillants sera accru. Du reste, à lire un récent rapport du Government Accountability Office (GAO) américain, le risque existe déjà, mais avec des ordinateurs embarqués. Avec l’autorisation généralisée pour les passagers d’utiliser leurs ordinateurs en cabine, il existe un risque que des "hackers" prennent le contrôle de l’avion via le réseau wifi, estime le GAO. Certes, il faudra une certaine expertise pour arriver à cette extrémité, mais on sait que les hackers de haut vol ne sont pas toujours dans le camp ami. Et le GAO estime que les systèmes actuels n’apportent pas de protection suffisante.

Mais que penser alors si un pirate en cabine prenait le contrôle d’un avion et qu’en réaction, un contrôleur aérien tentait de faire de même? C’est bien entendu de la fiction. Donc possible dès demain…

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