Depuis Bruxelles, Emirates se frotte les mains avec sa First class

Bruxelles a pu accueillir les tout premiers Boeing 777 d’Emirates équipés de la nouvelle Première classe. ©BELGAIMAGE

Bruxelles a pu accueillir les tout premiers Boeing 777 d’Emirates équipés de la nouvelle Première classe. Le luxe absolu. Est-ce un concept dépassé à l’heure du tout au low cost? Tant qu’il est rentable, non, évidemment.

Le transport aérien se développe-t-il à deux vitesses? Une vitesse low cost qui montre ses limites en long-courrier et une vitesse service de qualité, surtout sur longue distance? Certes, des compagnies tentent de concilier les deux, ce qui dilue leur image dans le paysage aérien, tandis que d’autres, jouant en quelque sorte "les extrêmes", sont clairement identifiées dans leur créneau. EasyJet, Southwest, AirAsia ou Ryanair sont des low costs. Emirates, Qatar ou Singapore jouent le haut de gamme.

Intimité à bord

S’agit-il alors d’opérations de prestige – subventionnées, diront à tort les mauvaises langues – ou d’actes commerciaux rentables? Une chose est sûre: alors que certaines compagnies suppriment leurs classes haut de gamme, d’autres les améliorent encore davantage. Un exemple au hasard: Emirates.

En débarquant sur le marché avec son Airbus A380, on a vu arriver une First exceptionnelle, avec même des douches à bord. Mais, depuis lors, de nouveaux Boeing 777 ont été équipés d’une Première revue, plus intime et confortable, dont a bénéficié, en tout premier lieu, la clientèle belge. Laquelle vole deux fois par jour sur Dubai, sauf dans les prochaines semaines, réfection des pistes à Dubai oblige.

La flotte d’Emirates n’est constituée que de long-courriers (274 en 2018), dont 108 Airbus A380 et 146 Boeing 777. Tous en trois classes, dont la Première, y compris sur des liaisons courtes comme vers le Moyen-Orient. À quelques exceptions près, nous précise Jean-Pierre Martin, responsable de la compagnie en Belgique: "Nous avons quelques avions à haute densité, avec seulement l’Economy et la Business, que nous utilisons ponctuellement sur certaines lignes quand la demande se dessine en ce sens, comme en période de vacances." L’an dernier, la compagnie a transporté 59 millions de passagers vers 157 destinations.

"Il y a un mouvement vers le low cost mais il y a aussi une demande qui s’intensifie pour les vols de qualité."
Jean-Pierre Martin
responsable d’emirates pour la Belgique

Mais pourquoi conserver une Première classe, alors que la plupart des compagnies l’ont abandonnée? "Parce qu’il y a de la demande, sourit Jean-Pierre Martin. Pour répondre de manière plus précise, je ne pense pas que la First disparaisse. Il y a un mouvement low cost, c’est sûr; mais il y a aussi une demande qui s’intensifie pour les vols de qualité. Voyez les efforts déployés pour nous concurrencer, par des Qatar, Etihad, Singapore Airlines et d’autres. Il y a de la concurrence sur ce créneau." Et d’ajouter: "Et ce n’est pas une question de prestige, puisque l’ensemble de nos services First sont rentables. Bien entendu, les chiffres sont confidentiels – comme les noms de nos clients! , mais je peux vous dire que, de et sur Bruxelles, non seulement les vols rapportent, mais la Première classe à elle seule aussi."

777: le "Game changer"

Il faut savoir qu’il y a un peu plus d’un an (fin mars 2018), Emirates a décidé de doubler sa fréquence – quotidienne! – sur Bruxelles. Et en plus, avec les Boeing 777 équipés de la toute nouvelle First, encore plus luxueuse que celle de l’A380. Une classe qui change les règles du jeu: "Game changer", dit-on chez les Anglo-Saxons.

Avec Zurich, Bruxelles était la première destination européenne à accueillir le 777 nouvelle formule (la Business et l’Economy avaient aussi été modernisées). Mais pourquoi Bruxelles?

Précisément parce que le marché s’y prêtait. Jean-Pierre Martin est catégorique: "La clientèle de Belgique contribue pour 60 à 65% de la route." Dans les deux sens et dans toutes les classes. Sur ce même axe Bruxelles-Dubai, les contributeurs suivants sont, dans l’ordre, les Pays-Bas, les Emirats et l’Inde (pour le marché des diamants). L’Australie (surtout en loisirs) conclut le Top 5. Quelle clientèle belge est la plus marquée? Il n’y a pas de surprise: les institutions européennes, les diplomates, les multinationales et les diamantaires.

Clientèle individuelle

La progression est constante, mais il ne faut pas sous-estimer la clientèle individuelle qui décide de "s’offrir" la Première classe juste pour le rêve. Telle cette dame accompagnée de son petit-fils et croisée en cabine qui nous confia un jour entre Bruxelles et Dubai que l’étudiant avait réussi ses examens et qu’elle lui avait promis un voyage aux Maldives en First.

Il était un temps où tous ceux qui pouvaient se le permettre voulaient voler en First pour essayer les douches de l’A380 d’Emirates, mais la mode a disparu. Et tant mieux pour les réserves d’eau que la compagnie a pu diminuer (ça pèse lourd).

Aujourd’hui, le produit-phare de la First Emirates est sur 777-300 au départ de Londres-Stansted, Vienne, Zurich et Bruxelles. Un concept qui servira à la modernisation des Premières sur A380. Déjà!

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