Dernière ligne droite pour l'aide à Brussels Airlines

Alexander De Croo insiste aussi sur la rentabilité que devra avoir Brussels Airlines dans le futur. ©Photo News

Les négociations s'intensifient avec Lufthansa. "On pourrait trouver un accord à court terme", a indiqué Alexander De Croo.

L’aide allemande à Lufthansa de 9 milliards d'euros ne doit plus passer que l’étape de l’assemblée générale. Les projecteurs se tournent maintenant vers Bruxelles et Vienne. Les Suisses ont déjà donné leur accord pour aider Swiss et Edelweiss (1,2 milliard d'euros de prêts), à condition évidemment que Lufthansa soit sauvée par Berlin.

"L’intensité des négociations a retrouvé de la vigueur. On pourrait trouver un accord à court terme"
Alexander De Croo
Ministre des Finances

"L’attention de Lufthansa se porte désormais sur les négociations pour Brussels Airlines", a d’ailleurs déclaré le ministre des Finances, Alexander De Croo en commission de la Chambre ce mercredi. "L’intensité des négociations a retrouvé de la vigueur. On pourrait trouver un accord à court terme", a-t-il dévoilé. Pour rappel, l'aide belge oscillerait entre 300 et 400 millions en fonction de l'issue des négociations. 

Côté syndical, chez Brussels Airlines, les discussions continuent avec la direction. "On est pris dans un piège, on doit avaler les réductions de temps de travail et de salaires pour recevoir l’argent de l’Allemagne", se plaint Didier Lebbe de la CNE.

Pour lui, les syndicats sont très mal pris dans ces discussions. "On tourne en rond et on veut faire porter le chapeau aux responsables syndicaux. On nous a vraiment mis dans une sale position. Quoiqu’il arrive, on aura le mauvais rôle. Dans les deux cas, on est perdants. Soit on ne signe pas et on nous met la faillite sur le dos. Soit on signe et on a le personnel sur le dos. Où est le politique sur ce dossier?", insiste le syndicaliste.

Focus sur la rentabilité

Alexander De Croo nous répond que les discussions sont toujours en cours. À la Chambre, il a répété: "Notre intention est de pouvoir éviter un maximum de licenciements secs", mais il a aussi insisté que "la perspective d’emploi est liée à la perspective globale de la société. […] Sans suffisamment de rentabilité à terme, on ne peut pas avoir une activité suffisamment durable", a dit le ministre.

La députée Maria Vindevoghel du PTB a insisté en séance pour que l'on ne "ryanise" pas les emplois à l'aéroport. Une crainte également entendue du côté syndical où l'on craint que Brussels Airlines ne devienne une pure "low cost" après la crise.  

La direction a expliqué aux syndicats que les vols qui reprendront le 15 juin seraient déjà bien remplis. ©BELGA

Selon les documents internes de la compagnie, si les mesures de réductions de temps de travail, de diminution de salaire et de départs volontaires et à la pension sont acceptées, les licenciements secs pourraient se limiter à 370 (310 Belges) contre 1000 initialement prévus.

"L’exercice est très difficile, d’une part on a la diminution des postes dans la Loi Renault, mais on demande aussi beaucoup de sacrifices aux gens qui vont rester", estime pour sa part Filip Lemberechts, secrétaire permanent de la CGSLB. Selon lui, la direction a déjà fait quelques concessions par rapport à ses propositions de départ. Mais il insiste que "l’effort doit être temporaire et réalisable."

La liquidité de Lufthansa et donc de ses filiales reste sous pression. Plusieurs semaines seront nécessaires pour que l'argent allemand arrive dans les caisses, ce qui met la pression pour que les discussions avancent.

"L’effort demandé au personnel qui restera chez Brussels Airlines doit être temporaire et réalisable."
Filip Lemberechts
secrétaire permanent CGSLB

Mais la reprise des vols le 15 juin chez Brussels Airlines donne un peu d’oxygène alors que la majorité de ces vols s’annoncent plutôt bien remplis, ce qui a fait rentrer quelques liquidités chez Brussels Airlines, a expliqué la direction au personnel syndical.

Alexander De Croo continue lui de négocier sur les conditions pour accorder une aide à Lufthansa pour sa filiale belge. "L'élément crucial, c'est de savoir quels sont les mécanismes de suivi pour être sûr que le business plan sera exécuté à l'avenir", a insisté le ministre à la Chambre. 

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