Derrière les avions, Brussels Airport multiplie les business

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Brussels Airport a lancé une filiale de consultance en gestion d’aéroport. Il cherche à diversifier ses activités grâce à l’immobilier, l’hôtellerie, le business district ou la logistique. Un tiers de ses profits 2018 proviennent déjà des commerces de l’aéroport.

Croire que le business de l’aéroport national se limite aux avions est une erreur. Aujourd’hui, Brussels Airport veut diversifier ses revenus à vitesse grand V. L’Echo apprend ainsi qu’il vient de créer une filiale du nom de Brussels Airport Consulting. "Nous avons accumulé un savoir-faire et nous sommes donc en train d’étendre nos activités en consultance, en management des aéroports, etc.", nous confirme-t-on.

L’objet de cette filiale va de la stratégie, l’organisation, l’administration, les restructurations à la sécurité de sociétés privées. Il inclut également la vente de produits et de solutions informatiques et les conseils qui les accompagnent. On imagine donc à la fois de la consultance interne à l’aéroport ou pour des parties tierces.

Le business de l’immobilier

Sous la direction du CEO Arnaud Feist, l’aéroport national est en pleine phase de modernisation. Entre les navettes autonomes, les développements immobiliers et du cargo ou maintenant la consultance, Brussels Airport veut se positionner pour l’avenir.

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Cela ne vous aura sans doute pas échappé, mais des entreprises ont élu domicile sur le site de l’aéroport. Il s’agit de KPMG, Microsoft ou Deloitte. C’est l’un des axes majeurs de ces nouvelles activités sur l’aéroport. "La création d’un business district fait partie de notre vision 2040. Il s’agit d’entreprises qui ne sont pas directement liées aux activités aéroportuaires mais qui voient un avantage à la localisation avec les différents modes de transports accessibles", détaille la porte-parole, Nathalie Pierard. De la sorte, Arnaud Feist ambitionne de faire du site de l’aéroport un hub attractif pour les entreprises et les gens de tous les secteurs économiques confondus.

Lors de la présentation des résultats annuels, le CEO avait indiqué que l’augmentation de 7,9 % des revenus 2018 (595 millions d’euros) était obtenue "grâce à la croissance passagers et cargo mais aussi aux développements immobiliers. Le bâtiment Passport et les bâtiments chez Brucargo."

Taille des avions

À l’aéroport national, on n’oublie évidemment pas les avions. Mais on est bien conscient qu’augmenter le nombre de vols n’est pas vraiment une option. En plus de moderniser les avions pour qu’ils fassent moins de bruit, l’aéroport espère donc augmenter leur taille pour accroître ses capacités. Il est par exemple intéressant pour l’aéroport d’avoir des avions avec davantage de passagers. La moyenne était de 127 passagers par avion en 2018. "Du temps de Sabena, on était au-dessus des 200", rappelait Arnaud Feist lors des résultats annuels.

Arnaud Feist n’exclut pas de construire un deuxième hôtel sur le site dans le futur.

Le nombre de passagers est important pour les activités commerciales à l’aéroport, dont le profit après impôts était de 111 millions d’euros en 2018. "Environ un tiers de ce montant est issu des revenus de tous les commerces de l’aéroport, non food compris", détaille Nathalie Pierard. C’est ce que dans les allées de Zaventem, on appelle le "passenger experience". Tout ce qui est commerce de marchandises se fait avec le concours de la société IDF tandis qu’Autogrill s’occupe de l’essentiel de la restauration sur le site. "Le loyer que paient les commerces et restaurants est fixé sur la base d’un prix minimum (minimum garanti) ou d’un pourcentage du montant total des ventes/chiffres d’affaires de 25 à 31%)", détaille l’aéroport.

Une brique dans la carlingue

Mais là où l’aéroport investit peut-être le plus pour le moment c’est dans la brique, du côté de Brucargo. Un investissement de 100 millions d’euros sur 3 ans est en cours. Il a pour but de sécuriser la place de deuxième pôle logistique du pays.

100.000 m²
surface logistique
L’aéroport comptera 100.000 m² de surfaces logistiques pour une centaine d’entreprises

En tout, l’aéroport comptera 100.000 m² de surfaces logistiques pour une centaine d’entreprises. Trois vastes bâtiments pour le fret aérien avaient déjà été construits à Brucargo entre 2009 et 2013. Un bâtiment de 50.000 mètres carrés est en cours de construction à l’ouest de l’aéroport pour le transport, le conditionnement et le stockage provisoire de fret.

Ce bâtiment est aussi optimisé pour la manutention de marchandises de valeur et sensibles à la température (comme les produits pharmaceutiques), "des produits pour lesquels Brucargo est d’ores et déjà l’un des meilleurs au monde. Ce faisant, Brucargo continue à soutenir un certain nombre de secteurs clés, comme celui des nombreuses sociétés pharmaceutiques établies dans notre pays", détaille-t-on à l’aéroport. Le bâtiment de 30.000 m² de Swissport sera lui entièrement transformé en espaces de stockage et de bureaux modernes et économes en énergie. Le Zoo, où l’aéroport accueille, soigne et contrôle les animaux va aussi être entièrement redéployé.

Enfin, l’aéroport a racheté le Sheraton pour l’opérer lui-même. Arnaud Feist n’exclut d’ailleurs pas de construire un deuxième hôtel sur le site dans le futur.

De quoi encore une fois capitaliser sur le trafic inhérent à un aéroport comme celui de Zaventem.

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