Des spécialistes du comportement pour sécuriser Brussels Airport

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L’aéroport a "allégé" ses mesures de sécurité. Plus de tente, mais un dispositif inspiré de l’aéroport de Tel Aviv.

Arnaud Feist, son CEO, nous l’avait annoncé cet été: Brussels Airport simplifiera ses procédures de contrôle de sûreté. Encore que "simplifier" ne soit pas vraiment le terme adéquat. Au contraire, les contrôles seront plus sophistiqués, plus techniques et probablement plus efficaces. Mais dans le même temps, les passagers n’auront plus le sentiment de multiplier les contrôles, voire de devoir patienter à l’extérieur trop longtemps. Les frimas se pointant à l’horizon, il était urgent de tout revoir.

Accompagné du ministre de la Sécurité et de l’Intérieur Jan Jambon, Arnaud Feist a dessiné dans les grandes lignes les mesures qui seront prises à brève échéance. Dès lundi prochain, la première infrastructure de pré-check-in commencera à être démantelée pour faire place dans quinze jours (le 7 novembre) au premier sas d’entrée dans l’infrastructure aéroportuaire. Juste avant Noël, les trois sas d’entrée seront opérationnels.

"Dès le niveau 2, on ne verra plus les militaires."
Jan Jambon
Ministre de l’Intérieur

Par la suite, d’autres aménagements sont prévus car une contrainte subsistera: la zone "Kiss & Fly" de dépose des passagers juste devant le bâtiment ne sera plus jamais autorisée. Ceci était une condition impérative des syndicats de policiers. Arnaud Feist nous a confié que l’aéroport réfléchit à de nouvelles solutions car il est évident que la situation actuelle de dépose dans les parkings n’est pas optimale car elle ralentit le trafic des passagers en quête de parkings. Quant aux militaires, ils resteront présents sur place tant que la Belgique vivra sous le "niveau 3" de sécurité. "Dès le niveau 2, on ne les verra plus", nous a précisé Jan Jambon.

Vérifier les comportements

Les tentes de pré-check-in étaient les éléments les plus frappants après les attentats. Leur disparition sera aussi la modification la plus visible. Mais en coulisses, d’autres changements auront lieu s’ils ne sont pas déjà opérationnels. Ainsi en est-il des caméras de reconnaissance des plaques numérologiques des voitures (ANPR: Auto Numerical Plate Recognition). Elles pourraient également servir pour des autorisations ou non de passage dans la zone aéroportuaire, avec barrières ad hoc.

Ces caméras APNR, couplées avec d’autres de reconnaissance faciale (bien entendu, à partir d’un certain stade, les responsables de la sûreté deviennent moins précis) alimentent une banque de données qui est transmise à tous les services. À ce sujet, il nous a été précisé que la police sera désormais présente dans l’"APOC", le centre opérationnel conjoint de l’aéroport. En auront alors connaissance des BDO (Behavior Detection Officer). Des "Profileurs"? Jan Jambon nous a repris: "Non, pas des profileurs qui jugent sur les visages, mais des spécialistes du comportement!"

Ces spécialistes seront donc informés des premières données enregistrées par les caméras et par les banques de données, et pourront assurer des premiers contrôles, y compris des bagages, avant l’entrée dans la zone aéroportuaire. Mais il y aura aussi des BDO anonymes et en civil partout dans l’aéroport. Au fond, tout ceci ressemble un peu à ce qui se fait à l’aéroport Ben Gourion à Tel Aviv. Ce n’est pas une surprise: c’est là que la police fédérale est allée chercher son inspiration. Notons enfin que toutes ces mesures seront appliquées progressivement dans les aéroports régionaux.

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