Désormais 22.000 emplois menacés chez Lufthansa

22.000 équivalents temps-plein risquent de perdre leur emploi au sein du groupe Lufthansa. ©AFP

Ce ne sont pas 10.000 emplois, mais 22.000 équivalents temps plein qui risquent de passer à la trappe chez Lufthansa. La pression monte sur le gouvernement belge.

Lufthansa va sabrer plus que prévu dans ses effectifs, a indiqué la maison mère de Brussels Airlines aux syndicats allemands ce mercredi. La compagnie veut se séparer de 22.000 équivalents temps plein, bien plus que les 10.000 postes annoncés début juin par le CEO Carsten Spohr.

Selon le syndicat allemand Ufo, les emplois jugés excédentaires seraient encore plus nombreux. Il parle de 26.000 postes menacés.

Les 22.000 emplois menacés correspondent à 16% des effectifs. Pour rappel, en Belgique, la filiale Brussels Airlines veut se séparer de 1.000 personnes (près d'un quart des effectifs), soit 800 équivalents temps plein.

Les négociations avec le personnel sont très tendues, alors que ce dernier ne veut pas de coupes définitives dans les salaires, comme le demande la direction.

Plans d'aides

La pression monte aussi auprès du gouvernement fédéral qui négocie une aide d’État à Brussels Airlines. Il nous revient d'ailleurs que le dossier Swissport et ses 1.500 licenciements ont mis la pression pour que soit trouvée une issue favorable au sauvetage de Brussels Airlines.

26.000
emplois
Selon le syndicat Ufo, ce sont 26.000 postes qui sont menacés au sein du groupe Lufthansa.

On parle d’une aide de 300 à 400 millions d’euros, alors que le groupe Lufthansa s'est tourné vers l' État allemand pour obtenir une aide de 9 milliards d'euros en échange d'une prise de participation à son capital et de la cession de 24 droits de décollage et atterrissage dans ses hubs que sont les aéroports de Francfort et de Munich.

Pour rappel, l’Autriche a signé un deal en début de semaine avec Lufthansa pour la sauvegarde de la filiale Austrian Airlines. Il s’agit d’un paquet d’aide de 450 millions d’euros avec une aide directe de 150 millions d’euros et un prêt de 300 millions d’euros.

Lufthansa, de son côté, va injecter 150 millions d’euros dans sa filiale autrichienne et a garanti une croissance pour le hub de Vienne similaire à celles des autres hubs du groupe.

Le ministre de la Mobilité François Bellot estime que le deal autrichien pourrait inspirer le gouvernement belge.

Et en Belgique?

C'est Alexander De Croo (Open Vld) qui est à la manoeuvre dans le dossier belge. Le ministre des Finances a indiqué que les contacts étaient étroits avec les Autrichiens. Le ministre de la Mobilité François Bellot estime que le deal autrichien pourrait inspirer le gouvernement belge. Reste à voir, évidemment, si tous les partis politiques autour de la table sont prêts à jouer le jeu. 

À noter encore que l’aide suisse aux filiales Swiss et Edelweiss est aussi déjà entérinée pour 1,4 milliard d’euros sous réserve de l'accord sur le deal allemand.

Les actionnaires de Lufthansa se réuniront le 25 juin pour donner leur feu vert au plan d’aide allemand qui va diluer leur participation dans la compagnie.

Le groupe aérien allemand, qui a fait état d'une perte nette de 2,1 milliards d'euros au premier trimestre, emploie environ 138.000 personnes en tout.

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