Deux fois plus d'avions d'ici 20 ans?

©REUTERS

Airbus estime que la croissance du trafic aérien entraînera la commande de 37.400 avions neufs d’ici à 2037. De quoi doubler la flotte aérienne actuelle.

Comme tous les ans, à la veille d’un salon aéronautique (Farnborough, cette année), les deux grands constructeurs présentent leurs prévisions pour les vingt prochaines années. Airbus a dégainé le premier avec la publication de son Global Market Forecast (GMF) qui prévoit une augmentation moyenne annuelle du trafic mondial de 4,4% d’ici à 2037. Cette croissance exigera la livraison de 37.390 avions neufs (de plus de 100 places) pour alimenter une flotte qui atteindra les 48.000 appareils. La valeur des appareils à livrer devrait représenter quelque 5.800 milliards de dollars (ou 5,8 billions).

37.390
C’est, selon Airbus, le nombre de commandes d’avions neufs qu’engendra la croissance du trafic aérien d’ici 2037. Reste une question: fera-t-on de la place à tous ces avions?

Pour le constructeur européen, plusieurs facteurs expliquent la croissance attendue des besoins. Tout d’abord, une consommation privée 2,4 fois plus élevée dans les marchés émergents qui représentent plus de 60% de la croissance économique et où les voyages par habitant seront multipliés par 2,5.

Les éventuels ralentissements régionaux seront compensés par la libéralisation du transport aérien (et des low costs notamment) et par la croissance globale due à "des revenus disponibles en hausse et un quasi-doublement des classes moyennes à l’échelle mondiale", estime Airbus.

Par ailleurs, les nouvelles opportunités en matière de distance franchissable et de capacité des avions permettent aux compagnies d’explorer de nouvelles routes, c’est-à-dire de nouveaux marchés, tout en continuant à maîtriser les coûts.

Nouvelle segmentation

Cela se traduit par une nouvelle segmentation de la gamme d’avions chez Airbus, quoiqu’à notre avis, elle reste confuse, puisqu’on trouve des monocouloirs A321 Neo sur le long-courrier et des A330 Neo en moyen-courrier, pour ne citer que deux exemples. Un troisième quand même, dans l’éventail "Small" (100 à 230 sièges), "Medium" (jusqu’à 300 places), "Large" (300/350) et "Extra-Large" (plus de 350 passagers), Airbus est allé placer son nouvel A350-1.000 dans la catégorie supérieure, aux côtés de l’A380, ce qui complique un peu les données et l’évaluation des prévisions. En effet, quand le groupe prédit la livraison de 1.590 appareils "XL" d’ici à 2037, donc avec des Boeing 747-8, des A350-1000 et des A380, on noie un peu le poisson A380, dont on ne sait trop à quelles perspectives il peut encore prétendre.

Le segment "Small" demeure celui des monocouloirs où nombreux sont les concurrents en présence, y compris les Canadiens (désormais liés à Airbus), les Brésiliens (liés à Boeing), les Chinois, les Russes et les Japonais (en attendant les Turcs?). Airbus prévoit un besoin de 28.550 avions neufs (plus des trois quarts de la demande prévue – 76% – en unités, mais 54% en valeur: 3,2 millions de dollars). En "Medium", le constructeur table sur 5.480 avions (cargos compris). Et en "Large", le pronostic est 1.760 nouvelles machines.

Grossir les aéroports

Enfin, selon Eric Schulz, le nouveau grand patron des ventes qui a succédé à John Leahy, "sur les 37.390 avions neufs nécessaires d’ici à 2037, 26.540 répondront aux besoins de croissance et 10.850 viendront remplacer les anciens appareils moins performants en termes de consommation de carburant".

Une question se pose encore: quelle taille pourra-t-on allouer aux aéroports pour accueilllir ce doublement de la flotte aérienne mondiale? ©EPA

Airbus a aussi fait le calcul des besoins en nouveaux équipages: "Pour atteindre une flotte de 48.000 appareils, 540.000 nouveaux pilotes seront nécessaires."

Mais une question se pose quand même: les aéroports seront-ils prêts à accueillir un doublement de la flotte mondiale? Et le contrôle aérien aura-t-il, lui aussi, les capacités d’absorber une croissance soutenue du trafic mondial? Il n’est pas trop tôt de se poser la question.

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