Et si le Boeing 737 MAX changeait de nom?

Des dizaines de Boeing 737 MAX sont immobilisés au sol à l'aéroport international du Comté de King, situé à Seattle. ©REUTERS

Le Boeing 737 MAX est cloué au sol partout dans le monde. Le nom "MAX" est désormais redouté par les compagnies aériennes, le personnel navigant et les voyageurs. Un vétéran de l'industrie de l'aviation suggère à Boeing de renommer son avion. Cela résoudrait-il le problème?

Et si Boeing renommait son 737 MAX pour aider à détourner les inquiétudes des voyageurs en matière de sécurité? C'est en tout cas ce que suggère Steven Udvar-Hazy, un vétéran de l'industrie du leasing d'avions commerciaux.

Je pense que ce mot MAX devrait entrer dans les livres d'histoire comme un mauvais nom pour un avion.
Steven Udvar-Hazy
Fondateur et président d'Air Lease Corporation

Depuis ses deux accidents mortels, la marque MAX a pris un sérieux coup. "Nous avons demandé à Boeing de se débarrasser de ce mot MAX", a déclaré Udvar-Hazy, le fondateur et président d'Air Lease Corporation, une société américaine de leasing d’avions commerciaux. "Je pense que ce mot MAX devrait entrer dans les livres d'histoire comme un mauvais nom pour un avion."

Officiellement, il n'y a aucune référence à la marque MAX en tant que telle dans la documentation de Boeing soumise aux autorités de régulation. La société peut donc simplement commercialiser le modèle selon une variante numérique, par exemple les Boeing 737-8 ou 737-10.

Le 737 MAX toujours cloué au sol

Boeing travaille avec l'Autorité fédérale de l'aviation américaine (FAA) et les régulateurs des compagnies aériennes du monde entier pour recertifier l'avion. Les compagnies aériennes s'attendent généralement à ce que les vols commerciaux reprennent vers mi-2020

Mais, en décembre, nous écrivions que la recertification du Boeing 737 MAX, cloué au sol depuis mars, n’interviendrait plus en 2019, malgré les affirmations en sens inverse de son constructeur. Accusée d'avoir eu des relations trop étroites avec le géant aéronautique, la FAA a sommé le constructeur de faire preuve de réalisme sur le calendrier de retour de son best-seller dans les airs.

Et même si le 737 MAX recevait un feu vert pour redécoller, Boeing ne sera pas pour autant tiré d'affaire. Il lui faudra regagner la confiance des compagnies aériennes, celle des personnels navigants qui ont déjà fait part de leurs réticences mais aussi des voyageurs.

Avion non grata

Les voyageurs n’ont pas seulement peur du 737 MAX, ils sont terrorisés.
Henry Harteveldt
Dirigeant du cabinet d’études Atmosphere Research

Un changement de nom pourrait éventuellement résoudre le problème lié à la réticence du public, en particulier sur les marchés plus "superstitieux", selon Steven Udvar-Hazy. 

"Le 737 MAX est, pour l’instant, un 'avion non grata'. Un avion que les gens ne veulent pas prendre", avance Henry Harteveldt. Pour le dirigeant du cabinet d’études Atmosphere Research, basé à San Francisco, "les voyageurs n’ont pas seulement peur du 737 MAX, ils sont terrorisés."

Selon une enquête d'Atmosphere Research, réalisée en septembre dernier, seulement 19% des voyageurs d’affaires et 14% de voyageurs loisirs prendraient volontiers le 737 MAX dans les six mois suivant son retour dans le ciel. Près de la moitié des 2.000 personnes interrogées se disent même prêtes à payer plus cher pour éviter le MAX.

Face à cette défiance, les compagnies aériennes s’adaptent. "Nous mettrons sur d’autres vols, sans frais supplémentaires, les gens qui ne veulent pas voyager dans un MAX", dit-on chez United Airlines, propriétaire de 14 avions de ce type. American Airlines, qui possède 24 MAX, a fait savoir que ses dirigeants et des salariés seront les premiers à voyager dans cet avion une fois qu’il sera autorisé à voler.

Alors changement de nom ou pas? Dennis Muilenburg, l'ancien PDG de Boeing, déclarait en juin qu'il ne voyait pas la nécessité de renoncer à la marque MAX. C'était après que le président américain Donald Trump ait déclaré sur Twitter qu'à la place de Boeing, il renommerait l'avion. Entre-temps, Muilenburg a été remplacé en tant que CEO par David Calhoun, un vétéran de General Electric (depuis le 13 janvier).

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