Faillite surprise pour Claim it

©REUTERS

Claim it, une société active dans l’indemnisation de passagers de compagnies aériennes, vient d'être déclarée en faillite. Pour expliquer sa débâcle, son CEO charge les tribunaux.

Atterrissage forcé pour la société Claim it, spécialisée dans le dédommagement de passagers confrontés à des annulations ou à des retards importants sur les voyages en avion. Le tribunal de l’entreprise néerlandophone de Bruxelles vient de déclarer la faillite de la société créée à la fin de l’année 2012 par Ralph Pais.

L’avocat Olivier Ronse a été désigné comme curateur. Comme il l’explique sur le site internet de Claim it, Ralph Pais, venu des Pays-Bas, a eu l’idée de créer cette société après avoir dû batailler en son nom propre pour toucher un dédommagement après avoir subi un important retard lors d’un déplacement en avion. Ne trouvant aucune société vers qui se tourner pour faire ce boulot, il a décidé de lancer Claim it.

Poil à gratter des compagnies

En quelques années, la société était devenue le poil à gratter des compagnies aériennes qui, jusque-là, rechignaient à dédommager les passagers en cas de retards ou d’annulations des vols. Le business model de Claim it a été un peu compliqué à mettre en place. Dans un premier temps, la société a tenté d’attaquer les compagnies en justice en son nom propre, mais elle a chaque fois été déboutée, nous a précisé un avocat qui a souvent eu Claim it comme adversaire.

Claim it avait forcé les compagnies aériennes à dédommager leurs clients plus rapidement.

C’est lorsque Claim it a commencé à travailler avec des avocats et qu’elle a commencé à regrouper le plus de clients lésés possibles que les affaires ont réellement décollé et qu’elle a réussi à forcer les compagnies aériennes à changer leur fusil d’épaule. Ce même avocat s’est d’ailleurs dit très étonné de cette faillite, sachant que Claim it avait des dossiers engagés partout contre les compagnies aériennes.

Claim it, qui aux côtés de Test-Achats ou de Happy Flights, était devenu un acteur incontournable de la compensation pour des passagers lésés par des compagnies aériennes, avait fait beaucoup parler d’elle en 2016. Cette année-là, la société avait obtenu un dédommagement de 120.000 euros de la compagnie aérienne low cost Vueling. Cette somme non négligeable avait été obtenue après une bataille juridique qui avait permis à Claim it de saisir des sommes que l’International Air Transport Associations (IATA) devait à Vueling.

On ne sait pas si c’est ce fait d’armes qui a fait pousser des ailes à Claim it, mais l’année suivante, en juillet 2017, la société a procédé à une augmentation de capital de plus de 320.000 euros afin de rayonner à l’international et de récupérer des clients potentiels partout en Europe. Dans le milieu, Claim it était connu pour rassembler des plaignants de façon extrêmement proactive. La recette semblait fonctionner et Claim it avait pu ouvrir une agence aux Pays-Bas et des bureaux de représentation à Rome, Tel Aviv et Budapest.

Frais juridiques trop élevés

"On a récupéré des millions d’euros pour des gens qui n’auraient pas récupéré cela sans Claim it."
Ralph Pais

"On a récupéré des millions d’euros pour des gens qui n’auraient pas récupéré cela sans Claim it", nous a expliqué mardi Ralph Pais, qui pointe les tribunaux comme principal responsable de la débâcle de sa société. "Depuis deux ans, les tribunaux en Belgique ont eu un comportement honteux vis-à-vis de nos dossiers. Ils sont confrontés à de gros volumes qu’ils ne veulent pas traiter, ils essaient de décourager nos clients en rendant des jugements qui ne tiennent pas la route", a-t-il expliqué.

Les compagnies aériennes ne doivent pas dédommager leurs clients si elles peuvent invoquer des circonstances exceptionnelles. "Ici, les tribunaux acceptent n’importe quoi comme circonstances exceptionnelles", nous a encore expliqué le CEO de Claim it, qui reconnaît qu’une bonne partie de l’augmentation de capital a filé dans des frais juridiques toujours plus considérables. "Nous sommes allés en cassation des dizaines de fois, et nous avons gagné chaque fois. Mais c’est long et coûteux." Pour expliquer sa déroute, Ralph Pais a également pointé le comportement des compagnies qui rechigneraient toujours à dédommager leurs clients.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect