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Fedor: anthropomorphe, mais pas trop

Le robot humanoïde russe Fedor va effectuer un séjour d’une dizaine de jours dans la Station spatiale internationale (ISS). Objectif: tester ses capacités en microgravité.

Coup de pub d’une nation qui souhaite rappeler qu’elle reste à la pointe de la technologie ou bien nouvelle étape fondamentale dans la conquête spatiale? La Russie a lancé ce jeudi dans l’espace un robot humanoïde, Fedor, pour un séjour dans la Station spatiale internationale (ISS) qui doit servir de tests avant des missions plus risquées et plus lointaines.

Le profil
  • Fedor a été conçu et fabriquée par l’entreprise Android Technics et le Fonds russe pour la Recherche Avancée dans l’Industrie.
  • Il mesure 1,80 m et pèse 160 kg.
  • Pour ce vol spatial, Fedor utilise des batteries plutôt qu’un câble pour son alimentation électrique, le rendant autonome sur le plan énergétique.

Le robot, qui porte le numéro d’identification Skybot F850, doit arriver sur l’ISS samedi et y rester dix jours, jusqu’au 7 septembre. Fedor était le seul passager – si l’on peut dire – de la capsule Soyouz qui a été lancée par une toute nouvelle version du lanceur éponyme. Une capsule qui amenait également du fret aux cosmonautes de l’ISS, au lieu d’un nouvel équipage.

Le robot au corps anthropomorphe argenté mesure 1,80 m et pèse 160 kg. Fedor correspond à l’acronyme de "Final Experimental Demonstration Object Research" et fait référence au prénom russe Fiodor. Il est difficile de ne pas lui trouver quelques ressemblances avec certaines créatures cinématographiques aperçues dans "Terminator", "Robocop" ou autres "Guerre des étoiles".

Le robot humanoïde russe Fedor se rendra dans l'espace

Une parenté quelque peu voulue par ses concepteurs: en 2017, une vidéo diffusée par les médias russes montrait un prototype de Fedor tirer froidement sur des cibles avec un pistolet dans chaque main. Les autorités russes s’étaient alors défendues de vouloir créer un Terminator, tout en affirmant que la "robotique de combat est la clé vers la création de machines intelligentes".

©BELGAIMAGE

La série Fedor a été conçue et fabriquée par l’entreprise Android Technics et le Fonds pour la Recherche Avancée dans l’Industrie de la Défense, un équivalent de la Darpa américaine, une agence militaire US développant les technologies les plus avancées.

Un peu pataud

Le robot était initialement destiné à des missions de sauvetage et des opérations dangereuses pour les humains, y compris dans l’espace. Dans d’autres vidéos, on a pu constater que Fedor, un peu pataud et plutôt lent, n’était pas qu’un bon tireur: on le voyait manipuler différents outils, porter des charges lourdes, changer une ampoule, ramper et évoluer sans perdre l’équilibre ou encore prendre place à bord d’une voiture.

©BELGAIMAGE

Mais que pourra bien faire cet engin à 400 kilomètres au-dessus de nos têtes? Selon l’agence de presse Ria Novosti, il doit effectuer différentes tâches sous la supervision du cosmonaute russe Alexander Skvortsov. L’un des objectifs est de tester ses capacités dans les conditions de microgravité. Comme il est capable de répliquer les mouvements humains, il pourrait en théorie aider les astronautes à réaliser leurs tâches. Mais toujours sous le strict contrôle de ces derniers, puisqu’il est télécommandé, non autonome et dépourvu de toute intelligence artificielle.

Certains l’imaginent déjà réaliser ultérieurement des sorties extra-véhiculaires ou éteindre un incendie dans la station spatiale. A plus long terme, il est envisagé d’utiliser ces robots humanoïdes sur la Lune, pour les missions vers Mars ou bien à bord de vols inhabités plus lointains encore.

Un hommage à Gagarine

"C’est parti, c’est parti", a lancé le robot au moment du lancement, selon la séquence retransmise à la télévision, reprenant les mots prononcés par Youri Gagarine lors de son départ pour le premier vol d’un homme dans l’espace en 1961.

Présent sur les réseaux sociaux

Fedor dispose de comptes sur les réseaux sociaux Instagram et Twitter, qui détaillent sa vie quotidienne, par exemple lorsqu’il apprend à ouvrir une bouteille d’eau. "Je m’en vais accomplir la mission qui m’a été confiée. Que cache encore l’espace?" peut-on lire sur l’un des messages.

D’autres robots humanoïdes spatiaux

En 2011, la Nasa avait envoyé dans l’espace un robot humanoïde baptisé Robonaut 2 avec le même objectif de le faire travailler dans un environnement à haut risque. Il est revenu sur Terre en 2018 en raison de problèmes techniques. En 2013, le Japon a expédié dans l’espace un petit robot appelé Kirobo, en même temps que le premier commandant japonais de l’ISS. Il était capable de parler en japonais.

 

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