L'aéronautique wallonne se diversifie

Dans les ateliers de la Sonaca, à Gosselies. ©Anthony Dehez

La Sonaca a annoncé la création d’un partenariat dans le domaine de l’impression 3D d’éléments en titane pour le secteur aérospatial. Un premier contrat pour un simulateur chez Venyo.

En marge de l’affrontement à coups de milliards de dollars de commandes entre Airbus et Boeing, plusieurs entreprises belges présentes au salon aéronautique de Farnborough ont dévoilé elles aussi mardi – à leur modeste niveau – quelques contrats non négligeables.

La Sonaca, spécialisée en aérostructure, a ainsi annoncé la création d’un partenariat avec la joint venture Fives-Michelin Additive Solutions (FMAS) France dans le domaine de l’impression 3D d’éléments en titane. Les deux entreprises s’associent ainsi pour développer, fabriquer et commercialiser des pièces en titane en impression additive, une technique qui intéresse au plus haut point les industriels des secteurs de l’aéronautique et du spatial.

"Très peu de pièces produites en 3D volent actuellement."
bernard delvaux
ceo de la sonaca

"Grâce à cette nouvelle collaboration, ces sociétés aspirent à développer rapidement une position de leader en additive manufacturing sur le marché aérospatial", ont fait valoir la Sonaca et FMAS dans un communiqué conjoint. Dans le cadre de ce partenariat, les deux sociétés planifient de produire, dès 2017, des pièces d’aérostructure en titane, certifiées, en recourant à la génération la plus récente de technique de fusion par faisceau laser, propriété de FMAS.

Moins cher, plus léger

La collaboration prévoit un transfert de connaissance et l’installation de capacités de production chez Sonaca afin de répondre au mieux aux demandes des clients. Des premiers essais ont déjà été menés pour des pièces pour des satellites, a précisé Bernard Delvaux, l’administrateur délégué de la Sonaca.

©BELGA

Par la suite, il s’agira d’appliquer cette nouvelle technologie de production à des éléments d’avions que fabrique l’équipementier de Gosselies. "Les avantages de la production additive sont le gain de poids – de 40 à 50% pour certaines pièces , un coût plus faible et la possibilité de produire des pièces plus complexes, impossibles à obtenir par usinage traditionnel", selon Bernard Delvaux. "Nous aurions pu chercher à arriver à ce résultat en achetant une machine à impression 3D et en cherchant à produire nous-mêmes ces éléments. Mais cela aurait pris beaucoup plus de temps".

L’impression 3D reste en effet une technique difficile à maîtriser, surtout dans un secteur aussi conservateur que l’aéronautique. D’après Bernard Delvaux, "très peu de pièces produites en 3D volent actuellement".

Un appareil fixe

Autre société wallonne à faire état d’un contrat en bonne et due forme: Venyo, spécialisée dans les simulateurs de vol. Située elle aussi à Gosselies, la start-up vient de signer son tout premier contrat, après des années de développement. Venyo a décidé de prendre d’assaut le segment très monopolistique des simulateurs de vol dans le transport aérien. Elle propose un simulateur de Boeing 737NG, la version modernisée de l’avion vedette du géant aéronautique américain.

Un simulateur chez Venyo, à Gosselies. ©Dieter Telemans

Mais à l’opposé des simulateurs traditionnels haut de gamme – les "Full Flight Simulators" (FFS) –, l’appareil de l’entreprise carolo est fixe, sans vérins hydrauliques, et consomme moins d’énergie. Il joue sur l’effet d’optique qui fait croire au cerveau que la cabine penche en même temps que le film qui défile. Très réaliste, le simulateur de Venyo permet d’assurer une partie de la formation des pilotes – mais pas la totalité – à un coût moindre.

Le client de lancement est la société française SIM Aviation Group, située au cœur de la zone de Roissy CDG. Il s’agit d’un centre de formation pour pilotes de ligne qui dispose déjà de 8 simulateurs FFS. Le modèle économique de Venyo est basé non pas sur des ventes fermes, mais repose sur un leasing opérationnel des appareils.

Après avoir obtenu la certification européenne, Venyo, qui annonce un deuxième contrat dans les prochains mois, envisage d’obtenir des certifications dans d’autres régions, avant sans doute de réfléchir à une diversification vers d’autres types d’appareils, mais toujours sur le même segment. "Nous visons une production d’une dizaine de simulateurs en 2017", a avancé Jean-Claude Streel, development manager de la société. "Ce genre de contrat montre que l’aéronautique wallonne se diversifie vers les services, ou encore vers le spatial, en sortant du secteur manufacturier classique, qui reste toutefois de loin l’ossature", a souligné de son côté Etienne Pourbaix, managing director de Skywin, le pôle aéronautique et spatial wallon.

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