"L'aéroport de Charleroi dépend encore trop de Ryanair"

©belga

À côté de la recherche d’un nouveau CEO pour remplacer Jean-Jacques Cloquet, l’aéroport de Charleroi s’apprête à investir plus de 50 millions d’euros. Pour le président de BSCA Laurent Levêque, l’arrivée de nouvelles compagnies aériennes et la construction d’un troisième terminal doivent aider l’aéroport à être moins dépendant de Ryanair.

BSCA déborde de projets évalués à plus de 50 millions d’euros d’ici 2035 afin d’assurer son développement et de réduire sa dépendance à Ryanair. Du boulot en vue pour son futur CEO que l’aéroport cherche encore.

En croissance continue depuis une dizaine d’années avec plus de 8 millions de passagers transportés en 2018, l’aéroport de Charleroi voit l’avenir en rose. Mais aussi à l’ombre des chantiers. Et à entendre son président Laurent Levêque, les projets s’accumulent sur la table du conseil d’administration de Brussel South Charleroi Airport (BSCA).

Dans le cadre de son futur master plan, BSCA pourrait ainsi investir plus de 50 millions d’euros d’ici 2035. Le montant est évidemment important. Il doit d’ailleurs encore faire l’objet d’un accord avec l’actionnaire public wallon et les privés. Mais ici à Charleroi, on le juge crucial si l’aéroport carolo veut digérer une nouvelle fois sa croissance effrontée et espérer même atteindre les 12 millions de passagers transportés d’ici 4 à 5 ans.

"Après le terminal 1 et le terminal 2, on doit déjà penser à construire un terminal 3."
Président de BSCA
Laurent Levêque

Mais avant de faire le tour des futures installations de l’aéroport de Charleroi, c’est un tout autre défi qui occupe le conseil d’administration. "On doit remplacer Jean-Jacques Cloquet parti rejoindre Pairi Daiza le 7 janvier. Ce n’est pas simple. Il a incarné l’aéroport. On ne trouvera pas un clone de Jean-Jacques Cloquet. Mais on doit trouver un CEO qui permet à l’aéroport de répondre aux défis de demain comme le développement des activités et l’accueil de nouvelles compagnies", résume Laurent Lévêque, le président du conseil d’administration de BSCA.

Short list de 3 à 5 noms

Avec l’aide du chasseur de têtes Odgers Berndtson, le comité de nomination de l’aéroport va remettre au conseil d’administration à la fin février une short list de 3 à 5 noms sélectionnés parmi la quarantaine de candidatures. "Au-delà des qualités de management et d’une connaissance de la structure de BSCA, le futur administrateur délégué devra avoir la capacité de négocier avec des sociétés privées, des organisations syndicales et des interlocuteurs politiques. BSCA n’est pas une société comme une autre. Elle a des actionnaires publics. On veut vraiment avoir la plus grande transparence sur la procédure. Il n’y aura pas de parachutage politique", assure le président de l’aéroport.

Parmi les dossiers chauds que va devoir traiter le futur patron de BSCA, le développement des infrastructures aéroportuaires figurera en haut de sa to do list. Voici ce qui l’attend…

Être moins dépendant de Ryanair

À côté du chantier actuel dans le terminal 1 qui va permettre d’étendre l’espace commercial (lounge, restaurants, commerces…) de 1.300 à 2.800 m², "nous devons travailler sur le volet commercial aviation et faire en sorte que l’aéroport attire de nouvelles compagnies. Nous sommes fort liés à Ryanair, c’est 78% du trafic. Il y a une dépendance encore trop importante à Ryanair", estime Laurent Levêque sans pour autant remettre en cause les relations avec la compagnie irlandaise. "Pour y parvenir, nous devons penser à une nouvelle extension des infrastructures. Après le terminal 1 et le terminal 2, on doit déjà penser à construire un terminal 3 pour désengorger les deux autres et ainsi continuer à offrir un bon accueil à nos clients et croître en nombre de passagers. On ne peut pas stopper les investissements pendant 2-3 ans car ce n’est pas stagner mais reculer."

Parallèlement à l’extension de l’infrastructure d’accueil des passagers, BSCA mise sur une hausse du nombre d’avions basés à Charleroi. "Si nous voulons attirer de nouvelles compagnies, nous devons leur permettre de baser leurs avions. Cela nécessite de construire de nouvelles places", explique Laurent Levêque. Ces extensions devront s’opérer dans un contexte où l’espace foncier sera de plus en plus rare dans le futur. "Nous avons les capacités pour l’extension du troisième terminal mais c’est effectivement plus compliqué pour les nouvelles places pour les avions. Nous envisageons un partenariat avec la Sonaca qui a des terrains à disposition."

La croissance pourrait aussi venir d’un changement de profil. Si Charleroi veut rester un aéroport spécialisé dans les vols de courte distance, Laurent Levêque mise sur les long-courriers avec l’allongement de la piste. "Charleroi pourrait également être un aéroport plus connecté à d’autres aéroports. C’est également une façon de développer le long-courrier", estime le président qui refuse d’y voir une attitude agressive vis-à-vis de l’aéroport de Zaventem. "Nous n’avons jamais eu d’attitude belliqueuse par rapport à Zaventem. Nous n’avons jamais mis en exergue le prêt financier que l’Etat a accordé à Zaventem pour des terrains. Nous sommes complémentaires."

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