L'assistance en escale a besoin de normes internationales

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Le secteur du handling, qui s'occupe notamment d'assister les passagers et d'acheminer leurs bagages, doit traiter avec de multiples interlocuteurs (compagnies aériennes, organismes de réglementation, aéroports). Il plaide pour la conclusion d'accords-cadres avec ces acteurs, ce qui permettraient de créer des normes mondiales.

Le secteur du handling est protéiforme. Il comprend l’assistance aux passagers (billetterie, enregistrement), le transport des équipages, l’acheminement des bagages, le ravitaillement des avions, etc. Le matériel utilisé est à la fois hyper-spécialisé et onéreux. Si bien que, dans les coûts des compagnies, le handling pèse 10%, alors que le catering (restauration à bord) seulement 2%.

Mission compliquée pour l'ASA

Contrairement à ce dernier secteur, celui de l’assistance s’est regroupé depuis les années 80 au sein de l’IAHA. Mais, en 2010, celle-ci s’est mutée en Airport Services Association (ASA), avec son siège à Bruxelles et Fabio Gamba comme directeur général. Celui-là même qui est à la tête de l’association des sociétés de catering (ACA).

L’ASA ne regroupe que des sociétés indépendantes. N’y figure par exemple pas Fraport qui dépend de l’aéroport de Francfort. Parmi elles, les plus grandes du monde, telles Swissport (n°1), Lufthansa Sky Chef, WSS (en France), Dnata (Dubaï), l’Américain Menzies ou TGS (Turquie). La mission de l’ASA est de suivre l’évolution des réglementations ou règles émises par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), par les aéroports (ACI), par les compagnies (Iata) et par les institutions européennes, dont l’Easa en charge de la sécurité aérienne.

On imagine que la charge est lourde car les interlocuteurs sont variés et pas toujours sur la même longueur d’onde. Le fait est que, dans la chaîne de service "transport aérien", le passager ne sait pas toujours qui fait quoi. Un exemple simple: "Avec la compagnie X, nos bagages sont toujours arrivés sur le carrousel avant nous", sauf que cela est dû à la qualité du handler. Et l’inverse aussi, évidemment.

Une spécialisation grandissante

Il y a 15 ans, le handling était assuré à plus de 70% par des compagnies ou des aéroports. C’est l’inverse aujourd’hui.
Fabio Gamba
Directeur général de l'ASA

L’ASA a signé un accord-cadre avec l’Association du transport aérien international (Iata). Révisé chaque année, il sert de référence sur une base mondiale. Tout le monde y gagne, puisque le handling est l’interface entre le passager et la compagnie. "L’idéal est que nous puissions signer un tel accord-cadre avec l’Airport Council International sur une base mondiale, mais les discussions progressent", explique Fabio Gamba.

Déjà avec l’Easa (sécurité), les choses avancent au niveau européen. Des règles de base ont été adoptées avec des standards européens minimums. "Inutile de dire que ça donne des idées ailleurs et c’est tant mieux: pas besoin d’inventer deux fois la roue", souligne Fabio Gamba.

Le fait est que le mélange des genres s’estompe: "Il y a quinze ans, le handling était assuré de 70 à 75% par des compagnies ou des aéroports; aujourd’hui, c’est l’inverse. Même les low-cost s’orientent vers les sociétés spécialisées et les indépendants détiendront pas loin de 90% du marché."

Quelle évolution?

De plus en plus d’aéroports souhaitent atteindre l’objectif zéro carbone et nous avons notre rôle à jouer.
Fabio Gamba

Les dossiers sur la table de Fabio Gamba ne manquent pas, tel celui sur la formation. L’objectif est l’équivalence des diplômes: "Il serait utile que l’Easa puisse dire à Swissport, par exemple, qu’un agent formé chez Aviapartner a les mêmes qualités pour un poste identique."

Autre chantier, celui d’un Safety Management System à l’image de ce qui se fait avec le personnel de maîtrise (pilotes), cette "just culture" qui autorise le rapport d’erreurs commises sans risquer des pénalités et ce, uniquement pour faire avancer la culture de la sécurité du transport aérien. "À l’inverse, nous sommes aussi là pour éviter que les compagnies ne décrètent tout à coup qu’il faut des avertisseurs de proximité sur tous les véhicules de piste! On ne peut pas changer tout un charroi d’un coup!", sourit Fabio Gamba.

Cela dit, même à moyen terme, l’aspect écologique va s’imposer. "De plus en plus d’aéroports souhaitent atteindre l’objectif zéro carbone et nous avons notre rôle à jouer. Mais là, justement, vous voyez qu’un accord-cadre avec l’ACI faciliterait le travail de tout le monde."


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