L'Etat reçoit des millions supplémentaires de Brussels Airport

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Les chiffres 2018 de l'aéroport national sont bons, pour les passagers comme dans le fret. Mais les grèves chez Skeyes et un ralentissement du fret pèsent sur les premiers mois 2019.

Le dividende de Brussels Airport est en hausse pour l’exercice 2018. À 93 millions d’euros, il est supérieur de 19 millions d’euros par rapport à celui de 2017. Une bonne nouvelle pour l’état et l’actionnaire privé de l’aéroport. Le dividende de l'état qui sera gonflé d'environ 5 millions d'euros supplémentaires par rapport à l'an dernier.

"Ce n'est pas normal que dans la capitale de l'Europe, que si un contrôleur est malade, l’aéroport est fermé pour 6 heures. Il faut trouver une solution structurelle".
Arnaud Feist
CEO de Brussels Airport

Macquarie qui a trouvé un acquéreur pour sa participation touchera donc encore un beau dividende pour l’exercice 2018. Pour rappel, 75% de Zaventem est en passe d’être racheté par le holding luxembourgeois, Baisa. Ce dernier est composé du fonds de pension des enseignants de l’Ontario, du fonds d’investissement australien QIC, du fonds de pension hollandais, APG et de Swiss Life. Une fois le deal finalisé, les Canadiens détiendront 39% de l’aéroport et les trois autres investisseurs, 36%.

Les chiffres 2018 de l’aéroport doivent leur faire plaisir. Avec 25,7 millions de passagers, l’aéroport enregistre une croissance de 3,6% passagers, un record historique. "Nous avons douze nouvelles destinations et connu une évolution positive des court-courriers ", pointe Arnaud Feist, CEO de l’aéroport. "La part des passagers en transfert est à 18% du total. Elle dépasse encore les 30% dans d’autres aéroports/hub, il y a du boulot pour dépasser les 20% dans les années à venir", ajoute le patron.

Solution structurelle pour Skeyes

L’homme n’est pas aidé par les grèves des aiguilleurs du ciel qui nuisent actuellement sensiblement à l’image de l’aéroport de Zaventem. Malgré cela, le trafic des passagers est toujours en hausse en avril, de 1,5%. "Des passagers en transferts vont peut-être choisir un autre aéroport en raison des grèves. Il faudra les convaincre de revenir", explique Feist.

Un deuxième hotel ?

L'hôtel Sheraton de l'aéroport national est un lieu connu des habitués de Brussels Airport. Il a été récemment racheté par l'aéroport qui veut remettre la main sur "certaines activités stratégiques" sur son site. 
L'idée est de continuer à le faire opérer alors qu'il est rentable et très souvent plein. "Il n’y a qu’un hôtel sur l’aéroport. Peut-être, construirons nous un deuxième hôtel dans les prochaines années, ce ne serait pas illogique. Mais rien de décidé à ce stade", explique Arnaud Feist.

 

Depuis le début du mouvement de grève, 403 vols ont été annulés. Dans le détail, 49.000 passagers ont vu leurs vols annulés. 136.000 passagers ont connu des retards et 3.500 passagers ont raté leur connexion. "Il y a des problèmes plus d’un jour sur trois", rappelle Arnaud Feist.

Mais là où les grèves ont le plus d’impact, c’est sur le transport de marchandises. 10.000 tonnes n’ont pas pu passer par Bruxelles à cause des grèves. "Certaines compagnies ont décidé de transférer une partie de leurs activités vers l’Allemagne. Ce n’est pas encore clair si ce sera permanent ou temporaire", analyse d’ailleurs le patron de l’aéroport. 

Pourtant, le patron n’envisage pas de porter plainte contre Skeyes. Il rappelle que les compagnies aériennes ont bien plus souffert que l’aéroport de la grève. "J’entends que nous somme à un nanomètre d’un accord.Le plus gros problème que l’on a, c’est l’imprévisibilité qui rend la planification des vols très compliquée", ajoute le patron.

Il insiste pour que l'on trouve rapidement une solution de long terme pour la question des aiguilleurs du ciel. "Ce n'est pas normal que dans la capitale de l'Europe, que si un contrôleur est malade, l’aéroport soit fermé pour 6 heures. Il faut trouver une solution structurelle".

Ralentissement économique

Si la croissance du cargo a encore été de 5,9%, le cargo par avion est en baisse à l’aéroport en 2019 avec des baisses de volumes de respectivement 8,1 et 6,9% en mars et avril.

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Skeyes a un impact, mais d’une manière générale, il y a une baisse du fret par avion au niveau européen. "Certains concurrents ont des baisses à deux chiffres", pointe Feist. " Il y a une réduction de l’import/export depuis le troisième trimestre 2018 avec un ralentissement des exportations vers l’Europe. Sont-ce les signaux avant-coureurs d’un ralentissement économique ? C’est en tout cas étonnant de voir ces évolutions en Europe", nous répond le CEO.

Un élément à prendre en compte alors que l'aéroport national a encore enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 7,9% en 2018 pour un total de 595 millions d'euros pour un profit après taxes de 111 millions d'euros. "C'est grâce à la croissance passagers et cargo mais aussi grâce aux développements immobiliers comme le bâtiment Passport et les bâtiments chez Brucargo", ajoute encore le CEO. 

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