L'incertitude plane toujours sur l'emploi chez Brussels Airlines

L'impact du programme d'économies de coûts de plus de 160 millions d'euros sur les quelque 4.200 salariés de Brussels Airlines reste incertain. ©Photo News

Un conseil d'entreprise se tenait ce jeudi matin chez Brussels Airlines. Les syndicats, qui ont reçu une présentation du plan stratégique, dénoncent l'absence de toute précision sur les répercussions du plan sur l'emploi.

Un conseil d'entreprise extraordinaire se tenait ce jeudi chez Brussels Airlines. La direction a présenté son plan stratégique Reboot qui doit notamment répondre aux objectifs  de marge bénéficiaire fixés par la maison-mère Luftansa (8% d'ici 2022). Des objectifs encore confirmés ce matin.

Brussels Airlines doit passer de la croissance à la rentabilité. Pour pouvoir renouveler notre flotte, investir dans l'informatique et les personnes..., nous avons besoin de ces 8%.
Christina Foerster
CEO de Brussels Airlines

"Brussels Airlines doit passer de la croissance à la rentabilité", a expliqué Christina Foerster, CEO. "Pour pouvoir renouveler notre flotte, investir dans l'informatique et les personnes..., nous avons besoin de ces 8%."

Les syndicats sont toutefois ressortis de la réunion avec un goût amer et surtout beaucoup de questions sans réponse. 

2019 sera une année en perte, surtout à cause de la faillite du voyagiste britannique Thomas Cook.

La direction a, par ailleurs, indiqué que 2019 serait une année en perte, surtout à cause de la faillite du voyagiste britannique Thomas Cook, dont la compagnie transportait de nombreux vacanciers. Cette faillite coûtera en effet 12 millions d'euros à Brussels Airlines. La compagnie négocie par ailleurs avec des tour-opérateurs en vue de compenser la faillite de Thomas Cook Belgique.

Plus de 160 millions d'euros d'économies

Les syndicats ont donc appris que ce plan passerait par un programme d'économies de coûts de plus de 160 millions d'euros d'ici 2022. L'impact sur les quelque 4.200 salariés reste, lui, imprécis. Dans les prochains mois, une analyse département par département sera opérée.

 

160 millions
euros
Le plan Reboot de Brussels Airlines passerait par un programme d'économies de coûts de plus de 160 millions d'euros.

Notons qu'en 2018, les coûts de la compagnie s'élevaient à moins d'1,6 milliard d'euros. "Une partie des économies se fera aussi dans les outils", entend-on auprès des syndicats.

La direction se dit toutefois engagée à limiter les pertes d'emplois aux départs volontaires, mais ne peut exclure totalement des licenciements. Des mesures d'accompagnement et financières sont certes prévues pour les départs volontaires.

La page blanche

On va continuer à se mettre autour de la table, mais on discute dans le vide. On en est toujours à la même situation.
Anita Van Hoof
SETCa

Le plan de départs volontaires sera discuté avec les représentants du personnel. Le syndicat chrétien s'est déjà dit réticent à signer une "page blanche" sur l'impact exact. Il redoute que la direction veuille contourner la loi Renault (en matière de licenciement collectif) en répartissant les licenciements dans le temps.

"Durant trois ans, on va négocier département par département des départs volontaires afin d'arriver à ces 8% de marge bénéficiaire. On n'aura donc pas de clarté durant tout ce temps", analyse Luc Martin (CNE).

Le syndicat socialiste exige aussi de la clarté sur le nombre de salariés concernés. "On ne sait toujours pas le nombre de gens qui sont impliqués dans le plan Reboot. On va continuer à se mettre autour de la table, mais on discute dans le vide. On en est toujours à la même situation", indique Anita Van Hoof du SETCa. "On nous garantit que rien ne va changer l’été prochain pour le plan de vol. Des fonctions vont disparaître. Ils vont investir dans la digitalisation et l’automatisation, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain."

Enfin, la formation libérale – majoritaire chez Brussels Airlines – est plus encline à continuer à négocier des départs volontaires, afin d'éviter un licenciement collectif.

Des mesures prévues

Les personnes qui partiraient volontairement pourraient recevoir environ 40 à 55% de plus que ce qui est légalement prévu.

Dans le chef de la direction, on dit comprendre la volonté des syndicats d'obtenir toute la clarté sur les risques sur l'emploi. Elle insiste aussi sur le fait que ce plan n'est pas seulement une question de réduction d'effectifs, mais aussi de mise en place de synergies au sein du groupe. "Nous ne pouvons donc pas, à cette heure, balayer les inquiétudes individuelles du personnel sur leur emploi", explique le responsable des ressources humaines, Bert Van Rompaey.

Selon la proposition de la direction, les personnes qui partiraient volontairement pourraient recevoir environ 40 à 55% de plus que ce qui est légalement prévu. Des mesures d'accompagnement sont aussi prévues, tout comme des compensations aux pertes salariales.

Les propositions qui sont sur la table visent le personnel au sol, mais elles pourraient être étendues au personnel navigant.

Pour l'instant, aucune menace d'action n'est avancée. "On va encore discuter en décembre", conclut Anita Van Hoof.


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