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L'internet à haut débit dans l'avion, c'est pour maintenant

©AFP

Le groupe britannique de télécom Inmarsat continue d'étendre son système d'internet à bord des avions. Il vient de remporter une importante victoire dans le ciel français et plusieurs compagnies aériennes ont déjà marqué leur intérêt pour bénéficier de sa technologie.

Jusqu'à présent la technologie de l'internet à bord des avions n'en était qu'à ses balbutiements. Le wifi est pourtant déjà proposé par de nombreuses compagnies. Une petite dizaine de compagnies permettent aux voyageurs de surfer gratuitement grâce au wifi. L'offre gratuite reste souvent limitée à une poignée de méga-bytes (Mb), elle est parfois conditionnée à l'achat d'un billet en 'classe affaires' ou devient payante dès qu'on dépasse un certain volume de données.  Pionnière en la matière, Emirates, dont la plupart de ses Airbus A380 sont équipés du wifi, propose la gratuité sur les 10 premiers Mb, soit un peu plus de deux minutes de vidéo en streaming,  et demande 1 dollar pour 500 Mb supplémentaires.

L'offre payante est logiquement plus étoffée. Des forfaits à l'unité consommée ou à l'abonnement par heure, les compagnies adoptent clairement la tendance pour enrichir leur offre commerciale. British Airways propose par exemple une formule "wifi sur le vol complet" à environ 30 euros. Chez Ryanair, le wifi à bord n'est pas encore à l'ordre du jour. En revanche, Brussels Airlines veut clairement offrir ce service à ses passagers.  Le groupe belge dit "suivre de très près les évolutions en la matière" ainsi que "les tests réalisés par sa maison-mère, la Lufthansa".

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%
Selon une étude du comparateur de vol RouteHappy réalisée en 2018, le wifi est accessible dans 43% de tous les sièges disponibles à travers le monde, soit 10% de plus qu'un an auparavant. Toutefois, le wifi comparable à celui de votre domicile, soit une connexion capable de supporter le streaming vidéo, n'est présent que dans 16% des sièges disponibles à l'échelle mondiale.

"Une fiabilité et une vitesse sans précédent"

Reste que les propositions commerciales des compagnies dépendent surtout de l'évolution de la technologie. Très peu de compagnies disposent des outils nécessaires pour installer le wifi sur l'ensemble de leur flotte. De plus, pour des raisons de sécurité, les restrictions sont encore nombreuses. Certaines compagnies aériennes interdisent ainsi certains usages à bord comme les appels vocaux ou vidéos.

"EAN fournira aux passagers des compagnies aériennes européennes un accès wifi d'une fiabilité et d'une vitesse sans précédent (...). L'objectif est de transformer l'expérience passager et de révolutionner le modèle économique des court-courriers en libérant de nouveaux flux de revenus annexes pour les compagnies aériennes."
Philip Balaam
Président d'Inmarsat Aviation

Pas de quoi décourager les opérateurs télécoms qui restent à l'affût dans la course à l'internet dans les airs. Le Britannique Inmarsat semble avoir une longueur d'avance sur la concurrence. Il a reçu récemment le feu vert de l'autorité de régulation française pour commercialiser son système de réseau européen destiné aux compagnies aériennes.

En partenariat avec Deutsche Telekom, Inmarsat pourra donc "associer l'internet en vol via satellite avec un réseau terrestre et faire du haut débit dans les avions une réalité pour les appareils de transport régional", comme l'indique le groupe britannique dans un communiqué. Autrement dit, les deux partenaires ont l'autorisation d'installer des stations terrestres sur le territoire français. Celles-ci permettront d'augmenter la capacité du satellite Inmarsat S-Band lancé en juin 2017. En vitesse de croisière, le programme imaginé par Inmarsat se reposera sur un réseau terrestre de trois cents stations installées dans tous les pays de l'Union européenne ainsi qu'en Suisse et en Norvège. De quoi fournir "aux passagers des compagnies aériennes européennes un accès wifi d'une fiabilité et d'une vitesse sans précédent",selon les dires de Philip Balaam, président d'Inmarsat Aviation.

Des économies et des revenus supplémentaires

Derrière l'avancée technologique, il y a aussi une opportunité pour les compagnies de diversifier leurs revenus. Selon une étude récente de la London School of Economics, le haut débit dans les airs pourrait gonfler les revenus des compagnies de 30 milliards de dollars d'ici 2035, soit presque doubler leurs bénéfices.

En plus de faire payer ce service aux voyageurs, les compagnies aériennes pourront aussi utiliser la connectivité à large bande pour faire des économies d'entretien en veillant par exemple à ce que des pièces de rechange puissent être demandées en route et rendues disponibles lorsque l'avion atterrit, de quoi minimiser le très cher temps que l'avion passe sur le sol.

Inmarsat a ainsi déjà convaincu des grands noms du ciel européen. International Airlines Group (IAG), la maison-mère de British Airways, Aer Lingus, Iberia et Vueling a signé un contrat en mars 2017 pour être le client de lancement du système EAN d'internet à bord. Airbus a signé un accord visant à faciliter l'installation de EAN sur tous ses avions de type A320. Des groupes comme Thales et Nokia se sont joints en cours de vol au programme EAN.

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