La Chine a lancé le premier module de sa station spatiale

Le premier des trois modules de la future station spatiale chinoise a quitté la Terre ce jeudi matin. ©AFP

La Chine a lancé, ce jeudi, le premier des trois éléments de la future China Space Station. Plus que jamais, Pékin se rêve en puissance spatiale.

Depuis 2019, et l’alunissage de Chang’e-4 sur la face cachée de notre satellite naturel (une première!), la Chine tente de s'imposer comme puissance spatiale.

En 2020, la mission robotisée Chang’e-5 rapportait 1,7 kg de sol lunaire. La même année, la Chine lançait aussi une capsule habitée de nouvelle génération et une première mission s'envolait pour Mars, où Pékin entend concurrencer l'exploration de la Nasa en cours depuis 25 ans.

100
tonnes
Une fois terminée, CSS devrait peser près de 100 tonnes. Elle sera environ trois fois plus petite que l'ISS.

D'ici 2030, la Chine entend voir ses taïkonautes planter son drapeau sur la surface lunaire et pourquoi pas, dans la foulée, construire avec les Russes une station lunaire.

Cette conquête spatiale passera par la China Space Station (CSS). Le premier des trois éléments qui la composeront a été lancé, ce jeudi, depuis le centre de Wenchang, sur l'île tropicale d'Hainan (sud). Une dizaine d'autres missions sont programmées d'ici fin 2022 en vue de la construction de la CSS.

Le décollage de la fusée Longue-Marche 5B depuis le centre de lancement de Wenchang.

Trois fois plus petite que l'ISS

D'une longueur de 16,6 m et d'un diamètre de 4,2 m, le module central Tianhe ("Harmonie céleste"), lancé ce jour, sera le futur lieu de vie des taïkonautes dans cette station qui ressemblera à l’ancienne station russe Mir. La CSS cohabitera avec la station spatiale internationale (ISS) en orbite autour de la Terre.

D'une durée de vie de 10 à 15 ans, elle servira de camp de base aux missions lunaires, au tourisme spatial et autres missions scientifiques. Une fois terminée, elle devrait peser près de 100 tonnes. Elle sera environ trois fois plus petite que l'ISS.

"La Chine cherche à consolider ses capacités militaires."
Marc Julienne
Centre des études asiatiques à l’Institut français des relations internationales

Les prochains lancements permettront au vaisseau cargo Tianzhou 2 de s'arrimer à Tianhe. On parle du mois de mai. En juin, la mission habitée "Shenzhou 12" devrait emmener les taïkonautes à bord de la CSS en construction.

En quête d'espace ou de puissance?

Récemment interrogé dans "Le Monde", Marc Julienne, du centre des études asiatiques à l’Institut français des relations internationales (Ifri), affirmait que le programme spatial chinois vise, d'une part, la recherche scientifique, mais cache aussi des programmes militaires secrets et la gestion des systèmes spatiaux par l’armé. Selon lui, "la Chine cherche à consolider ses capacités militaires".

Quoi qu'il en soit, on s'inscrit dans les programmes "made in China" prônés par Pékin et auxquels le secteur privé est associé. Longtemps, l'ambition spatiale était du ressort du groupe étatique China Aerospace Science and Technologie Corporation(CASC) et de son pendant militaire CASIC. Désormais des entreprises privées chinoises, dont des start-ups, font partie de l'aventure.

Selon les observateurs, la Russie et le Pakistan seront probablement les premiers partenaires de la Chine dans cette conquête spatiale.

Partenaires russes et pakistanais

Le savoir-faire soviétique, puis russe, a longtemps dominé les connaissances des ingénieurs chinois. Mais les choses ont évolué au niveau de la formation aussi. Désormais, chaque année, près de 5 millions de Chinois sortent avec un diplôme scientifique ou technologique des universités chinoises. C'est dix fois plus qu'aux États-Unis. Cela étant, l’élite chinoise continue de se former chez l'Oncle Sam.

Selon les observateurs, la Russie et le Pakistan seront probablement les premiers partenaires de la Chine dans cette conquête spatiale, suivis éventuellement de l'Europe via l'Agence spatiale européenne. Par contre, il y a peu de chance de voir un Américain franchir le seuil de la station CSS. Une loi américaine interdit, en effet, à la Nasa tout lien avec la Chine.

Le résumé

  • Le premier des trois éléments de la future station spatiale chinoise (CSS) a été lancé ce jeudi matin.
  • Une dizaine d'autres missions sont programmées d'ici fin 2022 en vue de la construction de la CSS.
  • Selon certains observateurs, cette conquête spatiale a deux finalités: la recherche scientifique et des programmes militaires secrets.
  • Le programme spatial chinois est quasi 100% "made in China" tant sur le volet industriel que sur celui de la formation.

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