La compagnie Alitalia est au bord du gouffre

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Les salariés d'Alitalia ont rejeté lundi un plan de relance drastique présenté comme celui de la dernière chance pour la compagnie aérienne italienne qui risque désormais la liquidation, rapportent les médias italiens. Une assemblée des actionnaires aura lieu jeudi.

Le conseil d'administration d'Alitalia, réuni mardi après le rejet la veille par référendum des salariés d'un plan de relance, juge caduque la recapitalisation actée avec les syndicats et a convoqué pour jeudi une assemblée des actionnaires. Le conseil d'administration indique dans son communiqué avoir décidé "d'ouvrir les procédures prévues par la loi".

Le non majoritaire des employés d'Alitalia aux quelque 1.700 suppressions d'emploi sur 12.500 salariés envisagées par la direction et à la baisse de salaire de 8% va peut-être signer l'arrêt de mort de la compagnie italienne. De son côté, le gouvernement italien, qui a fait office de médiateur ces dernières semaines, a répété tout le week-end qu'il n'y avait pas d'alternative au plan proposé.

Près de 90% des quelque 12.500 membres du personnel ont participé à la consultation entre jeudi et lundi après-midi. Malgrè la menace, le non a dépassé la barre des 50% bien avant la fin du dépouillement.

Les caisses sont vides

Les caisses de la compagnie sont à sec et les actionnaires (Etihad Airways qui détient 49% depuis 2014, UniCredit, Intesa Sanpaolo, etc.) n'entendaient pas remettre la main à la poche en cas de rejet de l'accord. "Ils nous ont fait payer à nous toutes les crises. Nous sommes en colère. Ce nouveau plan ne sert à rien", a expliqué un pilote au quotidien La Stampa, assurant que la compagnie se retrouverait "au même point dans neuf mois".

"Avec ce juste et sacro-saint non des salariés après des décennies de crise et de suppressions de postes doit porter à la réouverture immédiate des négociations", a réclamé dans un communiqué le syndicat USB.

Mais le chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni, a été clair samedi: "Je sais bien que l'on demande des sacrifices aux salariés, mais sans un accord sur le nouveau plan industriel, Alitalia ne pourra pas survivre". La semaine dernière, Carlo Calenda, ministre du Développement économique, avait insisté: "Ceux qui espèrent une intervention de l'Etat se leurrent". En cas de rejet de l'accord, "il y aura seulement une très brève période d'administration extraordinaire, environ 6 mois, et ensuite l'accompagnement vers la liquidation de la compagnie".

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