La conciliation échoue entre Ryanair et syndicats belges

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La rupture est totale entre la CNE et Ryanair. La conciliation a échoué et Ryanair pourrait procéder à des licenciements dès le 23 décembre et a menacé de retirer des avions

Le bureau de conciliation entre les syndicats et la compagnie aérienne à bas coût Ryanair a échoué. Les syndicats avaient sollicité cette conciliation après que Ryanair a mis fin unilatéralement à la phase 1 de la loi Renault.

Confrontée à la crise du coronavirus, la compagnie irlandaise Ryanair souhaite licencier une partie de son personnel et a enclenché à cet effet la procédure Renault. Le nombre de licenciements a été revu plusieurs fois à la hausse et ce sont plus de 170 emplois qui seraient actuellement menacés, parmi le personnel basé à Charleroi et Zaventem. Un accord a par contre été trouvé avec les pilotes qui ont accepté une diminution de salaire.

En novembre, Ryanair a mis fin à la phase 1 de la loi Renault - dite d'information et de consultation - qui régit les restructurations d'entreprises, une décision contestée par les syndicats. Ceux-ci avaient dès lors sollicité un bureau de conciliation au SPF Emploi et Travail mais il a échoué, indiquent Didier Lebbe, de la CNE et Hans Elsen, d'ACV Puls.

"Pas lâcher le morceau"

"En conséquence, Ryanair pense avoir clôturé la phase 1 et peut licencier à partir du 23 décembre", craint Lebbe, soit 30 jours après la notification de la fin de la phase 1. Didier Lebbe assure que les syndicats ne vont "pas lâcher le morceau" et useront de "tous les moyens possibles" pour éviter les licenciements.

Sont envisagées des actions judiciaires mais aussi des pressions politiques, le syndicaliste estimant qu'il "n'est pas normal qu'une entreprise qui recourt au chômage économique depuis six mois puisse licencier. Le but du chômage économique est justement d'éviter les licenciements".

Alors qu'une majorité d'avions sont bloqués au sol, les syndicats ne peuvent néanmoins pas vraiment utiliser leur meilleur moyen de pression, à savoir, la grève.

Les syndicats rejettent la clôture de la phase 1 de la procédure Renault, estimant qu'ils n'ont pas reçu les réponses à leurs questions. Ils ne comprennent pas l'utilité du licenciement collectif alors que l'entreprise recourt au chômage économique et que le CEO de Ryanair, Michael O'Leary, assure que les activités reprendront sur les chapeaux de roue une fois la crise sanitaire passée.

Le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne avait écrit le 19 novembre à la direction de Ryanair pour s'assurer qu'elle respecte bien la loi Renault. "Une clôture unilatérale, si elle avait été décidée, ferait l'objet, presque sans nul doute, d'une contestation collective. Au cœur de laquelle les travailleurs concernés seraient en droit de contester leur licenciement", avait ajouté le ministre Dermagne, qui invite Ryanair à "souscrire pleinement" à la loi belge.

Contacté par L'Echo ce mercredi, le cabinet de Pierre-Yves Dermagne trouve que la phase 1 a été "très mal menée". Le cabinet nous indique aujourd'hui "que le ministre étudie très concrètement la possibilité de se faire rembourser par Ryanair des aides publiques régionales et fédérales".

Du côté des syndicats, une longue procédure judiciaire pourrait se solder, s'il est donné raison aux travailleurs, par un paiement des salaires jusqu'à la décision de justice. Mais Ryanair n'est en général pas effrayé par ce type de procédure.

Par ailleurs, l'Etat fédéral n'hésitera pas à étudier les possibilités de remboursement d'aides publiques, affirmait le ministre Dermagne le 19 novembre, "tout comme les Régions wallonne et flamande en auront la possibilité".

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