La grève éclair du personnel d'Aviapartner est terminée

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Ce mercredi après-midi, les travailleurs de la société de manutention Aviapartner ont décidé d'arrêter le travail à l'aéroport de Bruxelles. Une quarantaine de vols ont été affectés par ce mouvement de grogne. Quelques heures plus tard, direction et syndicats sont finalement parvenus à se mettre d'accord.

Drôle de grève ce mercredi à l'aéroport de Zaventem. Les bagagistes et une partie du service passagers d'Aviapartner ont arrêté le travail, mercredi vers 13h00, à Brussels Airport. Le manque de reconnaissance de la flexibilité du personnel après les attentats du 22 mars avait sérieusement fâché les travailleurs. "Une erreur dans les fiches de salaire a été la goutte d'eau de trop", explique Kurt Callaerts de l'ACV-Transcom (CSC).   

Les trois syndicats et la direction de l'entreprise de manutention aéroportuaire Aviapartner sont finalement parvenus à s'entendre lors de leur négociation mercredi soir. Un accord a été présenté dans la soirée au personnel, qui a décidé de reprendre le travail à 21h20, indique Bjorn Vanden Eynde, secrétaire syndical au sein de l'ACV-Transcom (CSC Transcom). "Nous avons abouti à un accord défendable, nous avons reçu tout ce que nous avons demandé", a-t-il ajouté.

Il s'agit notamment de l'indemnisation des kilomètres parcourus par le personnel dépêché dans les autres aéroports du pays à la suite des attentats du 22 mars et la fermeture de celui de Zaventem. Un dédommagement de 35 euros par jour est également prévu pour les travailleurs ayant été mobilisés dans des aéroports étrangers, comme à Lille par exemple.

Les employés sont encore en train de négocier. Les ouvriers peuvent donc s'occuper des bagages, le travail des employés n'étant pas nécessaire pour cette tâche", précise Bjorn Vanden Eynde, sans pouvoir donner davantage de détails.

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Une quarantaine de vols environ ont été touchés par la grève d'Aviapartner, a expliqué Anke Fransen, porte-parole de l'aéroport bruxellois. 32 vols au départ ou vers Zaventem ont été annulés et trois autres déviés. Aviapartner travaille pour environ 30% des compagnies aériennes présentes à Brussels Airport.

"Une grève pour rien"

Le CEO de l'entreprise de manutention aéroportuaire Aviapartner l'a eu mauvaise. Il a qualifié l'action de ce mercredi de "grève pour rien". Selon Laurent Levaux, un syndicat "a pris les passagers de l'aéroport (Brussels Airport) en otages pour recueillir des voix aux élections sociales et contester les autorités". Il souligne aussi qu'une telle grève ne pourrait avoir lieu dans des pays comme l'Espagne ou la France.

"Il n'y avait pas de conflit ou une discussion complexe. Nous sommes en train de régler les différents points comme l'indemnisation kilométrique pour le personnel qui a travaillé dans d'autres aéroports après les attentats ou le paiement d'heures supplémentaires (...) C'est une grève pour rien. L'aéroport est bloqué pour des raisons sociales et politiques."
Laurent Levaux
CEO d'Aviapartner

Selon lui, des secrétaires syndicaux provenant de l'extérieur de l'entreprise auraient demandé aux délégués d'Aviapartner de faire grève. Environ 60% du personnel est en grève, précise-t-il.   

Le ministre de la Mobilité appelle au dialogue

"Le nombre de jours prestés et donc les salaires payés ne sont pas corrects, et bizarrement quasi toujours au détriment des travailleurs. Les frais de transport n'ont pas été payés. Les primes n'ont pas été payées en totalité ou partie."
Kurt Callaerts
Responsable syndical - ACV Transcom

Aviapartner est l'une des deux sociétés de manutention aéroportuaire présente à Brussels Airport, à côté de Swissport. Elle compte notamment parmi ses clients Qatar Airways, Jetair et Etihad. "Depuis les attentats, le personnel a déployé une énorme flexibilité pour remettre l'aéroport sur les rails. Mais, Laurent Levaux (CEO d'Aviapartner) ne fait l'effort de montrer de la gratitude", indique le syndicaliste Callaerts pour expliquer le mouvement de grogne.

Le ministre de la Mobilité, François Bellot, a appelé toutes les parties à renouer au plus vite le dialogue entre direction, syndicats et travailleurs afin d'épurer les difficultés et les incompréhensions dans ce conflit. Il demande en outre de ne pas mettre en péril l'activité de l'aéroport, lieu de transit de nombreux voyageurs belges et internationaux.

Le ministre de la Mobilité s'est dit conscient des efforts fournis depuis le 22 mars par le personnel d'Aviapartner. "Il remercie d'ailleurs tous les membres du personnel qui se sont mobilisés pour remettre l'aéroport sur les rails après les attentats", a précisé la porte-parole du ministre.

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