La Sabca confirmée comme copilote d’Ariane 6

Les premiers éléments d'Ariane 6 sont en cours de fabrication dans les installations d'ArianeGroup sur le site des Moureaux en France. ©ESA

La société aéronautique belge a signé avec ArianeGroup le contrat pour la production des systèmes d’actuation du nouveau lanceur européen. Safran Aero Boosters et TAS Belgium suivront bientôt.

La Sabca a officialisé mardi sa présence sur Ariane 6: le constructeur aéronautique, qui fait partie du groupe belge Blueberry, a signé sur le site d’ArianeGroup dans la commune des Mureaux en France le contrat d’industrialisation pour les systèmes d’actuation du nouveau lanceur européen, dont le vol initial doit intervenir dans la deuxième partie de 2021. L’équipementier belge est même la première société à signer un tel contrat d’exploitation industrielle avec l’entreprise spatiale européenne, qui est le maître d’œuvre des lanceurs Ariane et de la force de dissuasion française. Les actuateurs sont les seuls équipements mobiles d’une fusée. Ce sont eux qui font bouger les tuyères des moteurs pour piloter la trajectoire du lanceur.

Un juste retour

La Sabca commencera bientôt à produire sur son site bruxellois de 9 à 12 ensembles de systèmes d’actuation par an. Chaque Ariane 6 comptera de 8 à 12 actuateurs, dont le système de commande électronique est produit par une autre entreprise belge, Thales Alenia Space (TAS) Belgium. Le contrat, d’une durée initiale de 6 ans, "assurera un emploi direct à 45 personnes et représente de l’ordre de 30 millions par an en chiffre d’affaires", s’est réjoui le patron de la Sabca, Thibauld Jongen. 

30
millions €
Le contrat représente environ 30 millions d'euros en chiffre d’affaires annuel.

"La Belgique récolte les fruits de ses investissements dans le secteur spatial", a ajouté le vice-Premier ministre chargé de la Politique scientifique, David Clarinval (MR). Pour tout euro investi par un État, l’Agence spatiale européenne (ESA) garantit en effet un juste retour en contrats pour les entreprises du pays, dont le taux oscille entre 80% et 120% du montant alloué.

«La Belgique récolte les fruits de ses investissements dans le secteur spatial.»
David Clarinval
Vice-Premier ministre chargé de la Politique scientifique (MR).

Deux autres entreprises belges devraient prochainement signer des accords de production similaires. Outre les systèmes de commande électroniques des actuateurs, Thales Alenia Space Belgium fabrique en effet à Charleroi la chaîne de sauvegarde d’Ariane 6, qui permet de détruire le lanceur en cas de trajectoire inattendue. De son côté, le motoriste liégeois Safran Aero Boosters construit différents types de vannes de régulation de fluides.

Un centre d'excellence

Si les trois constructeurs belges ont réussi à imposer leurs compétences sur Ariane 6, il n’empêche que, à l’exception de Safran Aero Boosters, le chiffre d’affaires sera moins important que ce qu’il est sur Ariane 5, qui arrive en fin de vie. Car lors d’une conférence ministérielle il y a six ans, la Belgique avait alors gelé sa contribution à l’ESA et moins investi dans les lanceurs. Tant la Sabca que TAS Belgium ont donc perdu certains éléments qu’ils fabriquent pour la fusée actuelle.

Une diminution qui n’affecte pas Thibauld Jongen. "Ce contrat-ci nous conforte comme centre d’excellence pour des systèmes critiques. C’est une technologie que l’on va pouvoir déployer dans d’autres secteurs, comme l’aviation", a-t-il fait valoir. Son homologue Ina Maller, CEO de TAS Belgium, pense la même chose: "Nous avons procédé à des changements importants sur les composants et dans la chaîne de fabrication, comme l’utilisation de la réalité augmentée". Des compétences qui seront utiles à l’entreprise, selon elle.

"C’est une technologie que l’on va pouvoir déployer dans d’autres secteurs, comme l’aviation."
Thibauld Jongen
CEO de la Sabca

Deuxième élément d’optimisme pour l’industrie spatiale belge:  le gouvernement a décidé lors du dernier sommet de l’ESA de faire passer les moyens alloués chaque année à la politique spatiale à 250 millions à partir de 2020, contre 200 millions pour la période précédente, a rappelé David Clarinval. Une hausse qui devrait permettre aux entreprises belges de monter sur les prochaines évolutions d'Ariane 6, comme l’étage récupérable Themis, le moteur de nouvelle génération Prometheus ou le module pour le déploiement de constellations de satellites.

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