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La situation se normalise en Espagne

"Presque tous" les contrôleurs aériens ont repris le travail, après presque 24 heures d'une grève sauvage qui a paralysé le pays et poussé le gouvernement à déclarer l'état d'alerte, a annoncé samedi l'autorité espagnole de gestion aéroportuaire (Aena).

Les contrôleurs du ciel espagnols ont repris le travail samedi après 24 heures d'une grève sauvage qui a conduit le gouvernement à déclarer l'état d'alerte, une mesure sans précédent en 35 ans de démocratie, et plongé le pays dans une crise majeure.

L'espace aérien fermé depuis vendredi a rouvert samedi après-midi et de premiers avions ont décollé ou atterri des principaux aéroports du pays, Madrid et Barcelone.

Le trafic cependant ne devrait reprendre que progressivement, les grandes compagnies, dont Iberia, ayant annulé leurs vols en principe jusqu'à dimanche, ou samedi soir au mieux.

Le retour à la normale prendra "24 à 48 heures", a estimé le ministre des Transports Jose Blanco.

Cette grève surprise a laissé en souffrance à partir de vendredi soir 300.000 passagers dans les aéroports, au pire moment pour les Espagnols puisqu'ils se préparaient à partir pour un pont de cinq jours, le plus long de l'année.

Le gouvernement, pris de vitesse, a dénoncé un "chantage" et décidé de confier à l'armée la gestion du contrôle aérien.

Il a décrété samedi l'état d'alerte, une mesure inédite depuis la mort du général Franco en 1975 et le retour de la démocratie, qui permet de mobiliser les contrôleurs et rend passibles les grévistes de poursuites pénales.

Peu près cette annonce, les contrôleurs ont commencé à retourner travailler et en fin d'après-midi, la presque totalité des 184 prévus avaient regagné leur poste, selon l'autorité de gestion des aéroports (Aena).

Les contrôleurs aériens avaient déclenché vendredi après-midi cette grève sauvage pour un litige sur le temps de travail.

Le gouvernement socialiste, déjà malmené dans l'opinion pour sa politique d'austérité, s'est alors trouvé brutalement confronté à un conflit social majeur au moment où, sous la pression des marchés, il vient d'annoncer une nouvelle série de mesures de lutte contre la crise.

Le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a dénoncé samedi l'attitude des contrôleurs aériens qui défendent, a-t-il dit, "des privilèges intolérables".

Selon le ministère des Transports, il y a en Espagne 2.300 contrôleurs aériens, dont 135 gagnent plus de 600.000 euros par an et 713 entre 360.000 et 540.000 euros, sensiblement plus que leurs collègues européens, en raison d'un système très avantageux d'heures supplémentaires.

Le conflit, larvé depuis des mois, était né de la décision du gouvernement en février de supprimer des avantages en matière de salaires, de retraites et d'organisation du travail.

Les contrôleurs avaient abandonné leurs postes de travail vendredi en fin d'après-midi pour protester contre une mesure plafonnant à 1.670 heures par an, soit en moyenne 32 heures par semaine, leur temps de travail.

Cette mesure faisait partie du dispositif de privatisation partielle d'Aena, à hauteur de 49%, adopté quelques heures plus tôt par le Conseil des ministres.

Le porte-parole du syndicat des contrôleurs, David Zamit, avait expliqué que ce plafonnement empêchait par exemple les contrôleurs de prendre leurs congés de paternité ou de maladie sur leurs heures de travail.

"Nous avons atteint notre limite mentalement avec ce nouveau décret qui nous oblige à travailler davantage d'heures", avait affirmé un autre porte-parole, Jorge Ontiveros.

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