La start-up belge Unifly séduit le contrôleur aérien canadien

Gérer le trafic des drones dans l'espace aérien, telle est la mission donnée aux solutions logicielles créées par Unifly.

Unifly a conclu un nouveau contrat avec NAV Canada, le gestionnaire du trafic aérien civil au Canada. Elle va lui fournir sa technologie de gestion des drones. C'est le cinquième contrôleur national séduit par la jeune pousse belge.

La jeune pousse belge Unifly enchaîne les succès à l’international. L'entreprise vient de signer un beau contrat avec NAV Canada, le gestionnaire du trafic aérien civil au Canada, en vue de lui fournir sa technologie de gestion des drones. C’est le cinquième pays auquel elle va livrer sa solution logicielle de gestion de trafic au niveau national après l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et... la Belgique (elle fournit en effet Skeyes, l’ancien Belgocontrol). "NAV Canada est un acteur très respecté sur le plan international dans le domaine de la sûreté aérienne et reconnu pour son investissement dans l’innovation", souligne Unifly dans un communiqué. Sa présence dans son portefeuille de clients devrait donc l’aider à se développer davantage outre-Atlantique.

Basé à Ottawa, NAV Canada a été créé en 1996 quand le gouvernement canadien a décidé de scinder la gestion du trafic aérien et l’administration des aéroports. L’organisme est chargé du contrôle sécuritaire du trafic aérien civil dans l’espace aérien du pays. Il a adopté une structure d’ASBL et emploie quelque 5.000 personnes.

Besoin perçu dès 2015

Fondée par d’anciens contrôleurs aériens militaires belges en 2015, Unifly a très tôt perçu que l’expansion du nombre de drones allait poser un problème de sécurité aérienne, que les solutions classiques de gestion du trafic ne permettraient pas de résoudre. Ses responsables ont mis au point des systèmes logiciels permettant à la fois aux pilotes de drones de visualiser où faire voler légalement et sans danger leurs engins, et aux gestionnaires de l’espace aérien de gérer les notifications de vol envoyées par ces pilotes. Ils permettent aussi de gérer les demandes d’accès à l’espace aérien pour des zones spécifiques, telles que les alentours d’un aéroport, ou de définir des conditions d'accès particulières à une zone lors d'un événement. Exemple: on peut suspendre temporairement le survol de la ville Boom durant le festival Tomorrowland.

Unifly a manifestement identifié là un bon créneau d'activité, car la société a grandi rapidement. Elle compte aujourd’hui 50 employés et opère au départ de quatre bureaux: son siège à Anvers et ses antennes à Copenhague au Danemark, à New York aux États-Unis et à Bogota en Colombie. Elle prévoit de continuer à recruter, aussi bien en Belgique qu’à New York.

50 emplois
Effectif d'Unifly
La jeune pousse anversoise emploie 50 personnes aujourd'hui et va continuer de recruter.

Gros potentiel

Outre les contrats nationaux, l’entreprise a également déployé sa technologie à l’échelle locale dans d’autres pays. Le développement des drones est tellement récent que dans nombre de cas, le cadre réglementaire n’a pas encore été adopté. Dans d’autres, divers États ont opté pour une approche décentralisée. "C‘est le cas aux États-Unis", explique Laurent Huenaerts, le general manager du bureau d’Unifly à New York. "Cela rend le déploiement d’un système national de gestion du trafic de drones beaucoup plus complexe, plus lent, et cela implique de nombreux acteurs. D’un autre côté, le potentiel du marché est très grand car, avec le transport aérien intra-urbain de passagers tel qu’envisagé par des acteurs comme Uber Elevate, par exemple, on peut imaginer dans le futur un système de gestion du trafic de drones dans chaque grande ville."

"Le potentiel du marché est très grand car, avec le transport aérien intra-urbain de passagers tel qu’envisagé par des acteurs comme Uber Elevate, par exemple, on peut imaginer dans le futur un système de gestion du trafic de drones dans chaque grande ville."
Laurent Huenaerts
vice-président et general manager d'Unifly à New York

Le marché pourrait également se développer dans d’autres directions. Laurent Huenaerts évoque à ce sujet "les vols de drones sur de très longues distances pour l’inspection d’infrastructures, la cartographie, le transport de colis, etc." Le potentiel est énorme, d'où l'intérêt pour l'entreprise de s'y positionner très tôt.  

Le jeune talent du Fonds Prince Albert rapidement nommé chef

Unifly a décroché son premier contrat à dimension nationale en Amérique grâce aux efforts de ses responsables envoyés outre-Atlantique. Et notamment de Laurent Huenaerts, dont l’histoire n’est pas banale. L’homme avait été envoyé fin 2017 à New York par l’entreprise en tant que stagiaire du Fonds Prince Albert. Ce Fonds sélectionne chaque année une vingtaine de jeunes diplômés belges, qu’elle met durant un an au service d’entreprises du pays actives à l’international, afin de faire leurs preuves en développant un projet outremer.

"J'étais à la recherche d'une entreprise technologique active dans un domaine innovant, où je pourrais mettre à profit mon expérience de vente et de 'business development' à l'international", souligne Laurent Huenaerts. Cela a tout de suite collé avec Unifly!"

Il s’est tellement bien acquitté de sa mission qu’il a ensuite été engagé à titre définitif par Unifly, qui l’a nommé vice-président et general manager de son bureau à New York. Et c’est depuis New York qu’a été négocié le contrat canadien. « Mon arrivée fin 2017 a coïncidé avec les premiers signes d’intérêt de NAV Canada, explique-t-il. En tant que responsable pour l’Amérique du Nord, je suis en charge de bout en bout des opportunités dans la région, avec bien sûr l’excellent support de nos équipes. »

 

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