La Wallonie ne paie pas ses factures à skeyes

Johan Decuyper, CEO de skeyes était entendu par les parlementaires de la commission Mobilité. ©BELGA

Le conflit social au sein de l'ex-Belgocontrol n'est pas sans répercussions. La Région wallonne retient encore toujours le paiement de ses factures à l'opérateur. En cause, un service fourni qui "ne répond pas aux espérances" et dont le coût a triplé.

C'est le CEO de skeyes qui l'affirme: la Région wallonne n'a toujours payé aucune facture pour 2019. Suite aux pertes encourues par les aéroports wallons lors des grèves des contrôleurs et à l'augmentation des tarifs du contrôle aérien, la Région wallonne retient en effet plus de 5 millions de factures de l'ex-Belgocontrol, rapporte "Le Soir". Ce montant correspond aux contrôles des mouvements des deux aéroports wallons, Charleroi et Liège.

Johan Decuyper, le CEO, en a informé les députés fédéraux.

Loin des espérances

Le cabinet du ministre wallon en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke (MR), confirme et s'explique. Il affirme qu'une réunion doit être fixée avec skeyes dans les prochains jours. "Nous avons envoyé nos dernières propositions de dates le 13 novembre. Nous attendons toujours une réponse de leur part."

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Les services aux aéroports régionaux, très majoritairement situés en Wallonie, représentent environ 10 % des 242 millions de revenus de skeyes en 2018.

La Région considère que le service rendu n'est pas à la hauteur des espérances, mais aussi, et surtout, du montant de la facture annuelle. Les services aux aéroports régionaux, très majoritairement situés en Wallonie, représentent environ 10 % des 242 millions de revenus de skeyes en 2018.

La menace de non-paiement des factures avait déjà été brandie en avril dernier. "J'ai demandé à l'administration de bloquer ce que nous payons à skeyes. Tant que nous n'avons pas le service qui est demandé, la Wallonie ne paiera pas et certainement pas plus, puisque skeyes ne répond pas aux obligations", affirmait alors Jean-Luc Crucke.

Coûts triplés

En plus des reproches ponctuels, liés aux actions des contrôleurs, la base des reproches de la Région wallonne est l'augmentation des coûts du contrôle aérien : "Entre 2004 et 2011, les montants facturés par skeyes ont plus que triplé", explique-t-on au cabinet Crucke.

Entre 2004 et 2011, les montants facturés par skeyes ont plus que triplé.
Cabinet du ministre Crucke

Suite aux grèves d'avril et mai 2019 qui ont causé des pertes financières pour les deux aéroports wallons et ont visiblement fait déborder le vase, le ministre Jean-Luc Crucke a demandé la suspension de tous les paiements.

Trouver une solution

La direction de skeyes demande désormais au prochain gouvernement fédéral des règles claires sur un service minimum en cas de grève des contrôleurs aériens. "De préférence, nous convenons de cela avec les syndicats, mais si cela ne marche pas, les autorités devront peut-être intervenir", estime Johan Decuyper.

Au printemps dernier, le personnel du contrôleur aérien s'était croisé les bras à plusieurs reprises demandant des améliorations en matière d'organisation du travail et une solution au manque d'effectif. Skeyes a finalement conclu mi-septembre; un accord social rejeté par l'ACV.

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