La Wallonie ne paiera pas skeyes tant que le service n'est pas effectué

©BELGA

Chaque année la Région wallonne verse 8 millions d'euros de redevance à skeyes. Un versement bloqué tant que le contrôle aérien reste perturbé par des grèves à répétition, indique Jean-Luc Crucke.

Alors qu'il a fallu faire appel, dans la nuit de jeudi à vendredi, à des contrôleurs du ciel allemands pour permettre aux avions bloqués à Liège de décoller, la Région wallonne a affirmé qu'elle ne paierait plus de redevance à skeyes tant qu'y perdurent les tensions sociales.

"J'ai demandé à l'administration de bloquer ce que nous payons à skeyes. Nous payons 8 millions d'euros de redevance par an, plus 3 millions d'investissements. Tant que nous n'avons pas le service qui est demandé, la Wallonie ne paiera pas et certainement pas plus, puisque skeyes ne répond pas aux obligations", affirme le ministre wallon en charge des Aéroports, Jean-Luc Crucke, dans le JT de la RTBF.

Ce dernier avait déjà fait part à plusieurs reprises de son exaspération face au conflit social qui s'enlise chez skeyes, paralysant le trafic aérien nocturne.

En début de semaine, il avait notamment plaidé pour l'instauration d'un service minimum au sein de la société, avait menacé de se passer des services des contrôleurs aériens belges au profit d'acteurs étrangers et avait avancé l'idée d'une régionalisation de la compétence, une piste que la Sowaer, l'agence wallonne qui gère les aéroports, a toutefois jugée "peu envisageable".

Bellot en colère
"Au moins dix contrôleurs à responsabilité gagnent plus qu'un Premier ministre"

Ce samedi, le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot fait part de son énervement dans les pages du Soir. "La ligne commence à être franchie", estime le ministre.

Ce dernier rappelle que le contrat de gestion "qui devait confirmer le monopole du contrôle aérien pour Skeyes pour les dix prochaines années" est actuellement en discussion avec le niveau fédéral. "Il n'y aura plus de partenaire francophone pour soutenir le monopole de Skeyes", prévient-il.

Quant au choix de contrôleurs aériens de perturber les services en se déclarant malades, "Skeyes nous a expliqué avoir fait réaliser des contrôles de maladie dont certains ont montré qu'il n'y avait pas de maladie", rapporte-t-il. Mais "ce n'est pas au ministre à prévoir des sanctions mais à la direction de prendre des mesures internes".

Le choix de la "maladie" plutôt que de la grève ne semble d'ailleurs pas passer: "Un jour de grève, ça donne droit à une indemnité de 30 euros par les syndicats. Alors qu'il y a au moins dix contrôleurs à responsabilité qui gagnent plus qu'un Premier ministre", lâche le ministre.

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