Le 737 MAX ne revolera pas avant mi-2020, d'après Boeing

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Boeing a annoncé ce mardi s'attendre à ce que les régulateurs commencent à lever l'interdiction de vol frappant le 737 MAX à partir de la "mi-2020".

Le Boeing 737 MAX ne revolera pas avant mi-2020. C'est en tout cas l'avis exprimé ce mardi par l'avionneur américain lui-même. Une échéance qui arrivera avec plusieurs mois de retard sur ses propres espoirs et les prévisions les plus optimistes des experts. Un peu plus tôt, une source aéronautique avait indiqué sous couvert de l'anonymat que le MAX pourrait ne pas revoler avant juin, voire juillet.

Ce report n'était pas dû, selon elle, à un "nouveau problème", mais aux risques attachés à la procédure d'approbation par les autorités de l'aviation civile et de possibles nouveaux développements dans cette crise, a expliqué un peu plus tard Boeing. "C'est aussi à cause de l'examen rigoureux que les autorités de l'aviation civile appliquent, et avec raison, à chaque étape de l'inspection" de l'avion, a souligné le constructeur aéronautique.

Pas de calendrier pour la FAA

L'agence fédérale de l'aviation (FAA) a fait savoir qu'elle n'avait pas encore fixé de calendrier: "La priorité de la FAA est la sécurité", a expliqué le régulateur aérien, dans un communiqué. Les premières informations sur la prolongation de l'interdiction de vol du MAX ont fait chuter de plus de 5% l'action Boeing et conduit à sa suspension temporaire vers 20H12 à Wall Street. Quand la cotation a repris une quarantaine de minutes plus tard, le titre était toujours en baisse, de 4,75% vers 21H06.

Cette annonce est un véritable casse-tête pour les compagnies aériennes puisqu'elles ne pourront pas compter sur le MAX en pleine saison des grands déplacements d'été.

Cette annonce est un véritable casse-tête pour les compagnies aériennes puisqu'elles ne pourront pas compter sur le MAX en pleine saison des grands déplacements d'été. Une fois l'interdiction de vol levée, il faut au moins un à deux mois aux compagnies pour préparer les avions et s'assurer qu'ils fonctionnent normalement, ont-elles déjà prévenu.

Le 737 MAX, avion phare de Boeing, est cloué au sol depuis le 13 mars après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts. Le système anti-décrochage MCAS a été mis en cause et Boeing travaille actuellement sur des changements exigés par les régulateurs. D'autres problèmes, dont un portant sur la pièce vérifiant le bon fonctionnement de ce logiciel au démarrage, ont été détectés et la formation adéquate pour les pilotes n'a toujours pas été décidée.

Une facture de 10 milliards

Boeing, qui avait initialement espéré une remise en service en "quelques semaines" après l'immobilisation au sol, a dû suspendre les livraisons et la production du MAX. La facture s'élève actuellement à 9,2 milliards de dollars mais devrait grimper, estiment les analystes financiers, qui évaluent à un milliard de dollars par jour le manque à gagner. L'avionneur cherche actuellement à emprunter au moins dix milliards de dollars pour faire face à l'explosion des coûts, dont l'indemnisation des compagnies aériennes et des sous-traitants ainsi qu'à la compensation des familles des victimes.

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