Le cash, la nouvelle priorité de Brussels Airlines

"Nous sommes certains que nous allons rester la tête hors de l’eau grâce à nos mesures radicales", affirme Dieter Vranckx, CEO de Brussels Airlines.

En plein plan de restructuration, Brussels Airlines est désormais obligée de mener une autre bataille pour sa survie, celle de la liquidité.

Dire que le coronavirus s’est invité dans la présentation des résultats annuels de Brussels Airlines est un euphémisme. Lors d’une conférence de presse en ligne, à peine une question de journaliste s’est intéressée aux résultats 2019 de la filiale de Lufthansa. Et pourtant, il y a avait des choses à dire. Avec un résultat net négatif de -40,6 millions d’euros, 2019 était "une année décevante" de l’aveu du CEO Dieter Vranckx. Les vents contraires de Brussels Airlines se sont appelés "faillite de Thomas Cook" ou "augmentation du prix du carburant" et ont eu, à eux seuls, un impact de 28 millions d’euros sur les résultats de Brussels Airlines.

"Une task fore a été mise en place pour gérer le cash au jour le jour."
Dieter Vranckx
CEO de Brussels Airlines

C’est pour cela que la compagnie a mis sur pied son plan de restructuration Reboot dès 2019 avec, dans le viseur, une marge Ebit de 8% d’ici 2022 alors qu’elle était de -1,6% en 2019 pour un chiffre d'affaires de 1,6 milliards d'euros.

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

La pandémie de coronavirus Covid-19 frappe de plein fouet la vie quotidienne des Belges et l'économie. Quel est l'impact du virus sur votre santé et sur votre portefeuille? Les dernières informations et les analyses dans notre dossier. 

Par thématique:

Crise de coronavirus ou pas, ce plan Reboot suivra son cours promet Dieter Vranckx. Mais aujourd’hui sa société doit parer au plus pressé. Tous ses avions resteront au sol pour 4 semaines en raison de la crise sanitaire. "Une task force a été mise en place pour gérer le cash au jour le jour", insiste le CEO. C’est le plus gros risque des compagnies aériennes qui voient leur rentrées diminuer drastiquement. "Il y a encore des réservations qui arrivent chez nous jusque pour décembre. Cela ne s’est pas arrêté complètement, mais si on compare avec les nombres de l’année dernière à la même période, on constate 60 à 80% de chutes des réservations", détaille Vranckx.

Rapatriements et aide d'État

Dans les faits, des avions de Brussels continueront de voler jusqu’à la moitié de la semaine prochaine pour les rapatriements. Un accord financier a été trouvé avec les autorités pour ces vols.

Par ailleurs, Brussels Airlines a demandé une aide à l’État. Selon nos confrères du Tijd, le montant demandé serait de 200 millions d’euros. Nous sommes en discussions permanentes avec le gouvernement. Les discussions sont positives. Nous avons une transparence très claire de notre côté sur la situation de Brussels Airlines et sa liquidité", détaille le CEO. "Les connections que nous offrons sont importantes pour l’économie belge. Je suis certain que le gouvernement prendra cela en compte", dit-il.

"Nous sommes certains que nous allons rester la tête hors de l’eau grâce à nos mesures radicales. Nous sommes une division de Lufthansa. L’une des compagnies aériennes les mieux financées d’Europe."
Dieter Vranckx

Actions radicales

Il espère que ces discussions aboutiront dans les jours, voire les semaines à venir. En attendant, la bataille pour le cash suit son cours. L’arrêt complet de 4 semaines au minimum n’est pas anodin. De cette manière, Brussels Airlines peut "maximiser la réduction des coûts. Ce ne serait pas possible avec un vol par jour ou deux vols par jour ou si nous ne stoppions les activités que pour deux semaines ", indique le CEO qui est favorable à des décisions radicales pour gérer la liquidité de la compagnie.

-1,6%
marge Ebit
Brussels Airlines veut une marge Ebit de 8% d'ici 2022. Celle-ci était négative à -1,6% en 2019.

Pour les coûts de personnel, le chômage technique, rapidement accordé par l’État à Brussels Airlines, va donc pouvoir être étendu à 100% du personnel. Restent les autres gros coûts fixes de la compagnie sur les avions de leasing ou sur les bâtiments. "SN" loue toute une série de ses avions court-courrier. "On est en cours de négociation avec les ‘lessors’. On avait  commencé à renégocier avant l’arrivée de corona, car c’est un élément clé du plan reboot".

Reste à savoir comment la situation va évoluer pour le secteur dans les mois qui viennent. "Nous sommes certains que nous allons rester la tête hors de l’eau grâce à nos mesures radicales. Nous sommes une division de Lufthansa. L’une des compagnies aériennes les mieux financées d’Europe", insiste le patron.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés