Le ciel se dégage entre Brussels Airlines et les syndicats

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Le nœud gordien se dénoue un peu mais les écueils demeurent. La procédure Renault prend (trop) de temps en cas de crise mais des ristournes de fournisseurs permettent de maintenir le cap.

Belle éclaircie ce mercredi après-midi dans le ciel belge: la direction de Brussels Airlines (SN) et les syndicats (SETCa-FGTB, CNE-Puls, CGSLB-ACLVB) ont abouti, après six semaines de négociations, à conclure un protocole d’accord sur la réorganisation de la compagnie. Ce plan devra être concrétisé par la signature de trois conventions collectives de travail (CCT) portant sur le plan social, la structure salariale et la flexibilité (flight time/duty time).

"Nous sommes bien conscients que tout cela transformera profondément l’entreprise, mais nous avons pu obtenir plusieurs garanties."
Les syndicats

Dans un communiqué commun, les syndicats annoncent être "bien conscients que tout cela transformera profondément l’entreprise, mais nous avons pu obtenir plusieurs garanties qui nous permettront de préserver un cadre de travail dans lequel le personnel pourra continuer à travailler dans des conditions acceptables". Ils ajoutent avoir défendu les affiliés malgré la crise qui touche le transport aérien, contrairement à ce qui se passe dans d’autres compagnies, disons-le nettement.

Il est important de comprendre que tous les secteurs sont concernés par ce pré-accord. Les pilotes, le personnel de cabine et le personnel au sol. Et, comme nous le disait ce mercredi Wencke Lemmes, directrice de la communication de SN, "il y a accord sur des questions structurelles, sur les perspectives à long terme et sur la réduction possible des licenciements".

L'échéancier compliqué

Cela dit, rien n’est gagné, parce que lundi et mardi, les affiliés seront entendus sur ce pré-accord. Mais soit, qu’il existe déjà est une lumière dans le tunnel car Lufthansa y tenait avant son assemblée générale qui se tient ce jeudi et qui peut être houleuse. Maintenant, en haut lieu chez Brussels on affirme que, si le plan de refinancement de la compagnie allemande (qui prévoit une participation du gouvernement dans le capital) n’est pas accepté, cela ne changera rien aux plans de Brussels Airlines. Admettons.

Vendredi, se tiendra un conseil d’entreprise, mais il n’en sortira rien permettant d’avancer, comme nous l’a expliqué Filip Lembrechts (CGSLB): "C’est une séance d’information comme la prévoit la procédure Renault, mais il n’est pas prévu que nous signions quoi que ce soit de définitif; la procédure va suivre son cours…" Avec donc propositions et contre-propositions, chacun ayant néanmoins à l’esprit le caractère d’urgence de la situation et la décision à prendre par le gouvernement pour une aide à SN avec garanties allemandes que cela restera chez nous.

On n’y est pas. En revanche, Lufthansa dément ne pas apprécier le business plan de Brussels. C’est plutôt une bonne nouvelle. La balle serait alors plutôt dans le camp du gouvernement Wilmès (ou d’Alexander De Croo). Il faut prévoir un financement de la restructuration, mais aussi un financement de la crise. Impossible d’avoir les chiffres officiels de SN qui seraient sur la table. Pour Michel Capoen (FGTB), "il faut déjà viser le long terme – 2023, puis 2030… - pour une stratégie pour Brussels".

Loin de la faillite

"Avec la reprise des vols et nos premières mesures, nous dégageons assez de cash pour tenir le coup. Et avant l’été, c’est prometteur."

Reste le problème des liquidités. On avait parlé de faillite possible dès le 15 juin; visiblement on en est loin. Ce qui apparaît clairement est que les services commerciaux de SN sont au four et au moulin. Ils regardent avec attention les coefficients de remplissage des avions, mais, contrairement à d’autres, ils n’annulent pas au dernier moment: "Ce sont des clients perdus à jamais", nous a dit un responsable : "Tant pis si l’avion est vide, mais nous allons étudier alors les réseaux à venir."

Donc, il y a des rentrées et la Méditerranée fonctionne bien. Et puis, il y a aussi beaucoup de discussions avec les fournisseurs et des discussions sur les tarifs. "Avec la reprise des vols et nos premières mesures, nous dégageons assez de cash pour tenir le coup. Et avant l’été, c’est prometteur." C’est vrai qu’il y a du soleil en ce moment.

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