Le Duty Free de Lagardère, autre victime collatérale

Les ventes de chocolats sont aussi au point mort à l'aéroport. ©rv

Les victimes collatérales des avions cloués au sol s'additionnent dans les halls des aéroports. C'est tout un écosystème qui tremble.

"Sauver Brussels Airlines, c'est sauver tout un écosystème à l'aéroport." Cette sentence, on l'a beaucoup entendue ces dernières semaines. Mais ce lundi, elle a vraiment pris tout son sens. D'abord avec la faillite de Swissport, c'est 1500 jobs qui sont menacés. Ensuite, on apprenait que le groupe Lagardère Travel Retail avait décidé de se séparer de 180 personnes sur les 550 qu'il emploie dans les boutiques d’aéroports bruxellois et carolo. 

Le spécialiste français du 'travel retail' Lagardère a repris, en septembre dernier, la chaîne aéroportuaire International Duty Free (IDF) pour un montant de 250 millions d'euros à la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP), véhicule de la famille Albert Frère. Cette chaîne se compose d'une trentaine de boutiques, dont 25 magasins hors taxes à l'aéroport de Bruxelles National à Zaventem, deux boutiques à l'aéroport de Charleroi et les chocolateries The Belgian Chocolate House.

"S'il n'y a pas de voyageurs, les magasins ne peuvent évidemment rien vendre."
Renzo Guerriti
SETCa

Autant de commerces qui auront été à l'arrêt pendant une petite centaine de jours. Impossible donc de ne pas réduire la voilure. Bien qu'ils soient "choqués par le fait que 30% du personnel va perdre son emploi", les syndicats disent comprendre cette décision. "S'il n'y a pas de voyageurs, les magasins ne peuvent évidemment rien vendre", a expliqué Renzo Guerriti du SETCa.

Les négociations dans le cadre de la loi Renault chez Lagardère Travel Retail débuteront donc le 15 juin. Ici, on pense que le retour à la normale (soit un niveau d'activité comme celui d'avant la crise) est pour 2024. Dans les compagnies aériennes, on le place en général aussi vers 2023-2024.  

Le catering ensuite?

Dans le giron de l'aviation, on pense aussi à LSG SkyChefs, filiale à 100% de Lufthansa, est en charge du catering à bord et occupe de l’ordre de 600 personnes à Bruxelles. On se demande bien quel avenir on pourra offrir à tout ce personnel, alors que manger à bord d'avions où le masque est obligatoire paraît compliqué.

Ce n'est pas la seule filiale de Lufthansa qui va souffrir, on pense par exemple à Lufthansa Technik. Sabena Aerospace est aussi dans la liste de ses activités qui auront été impactées.

La diminution de business pour le commerce à l'aéroport sera encore plus forte pour le secteur de la nourriture. C'est Autogrill qui s'occupe de la restauration à l'aéroport national. La société avait dès le début de la crise du coronavirus mis un terme à tous ses contrats intérimaires pour faire face. 

Les annonces de nouveaux plans de licenciements sont donc à y anticiper.

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