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analyse

Le F-35, un monstre de technologie confronté à des problèmes de jeunesse

©BELGAIMAGE

Le F-35 le programme militaire le plus cher jamais réalisé par le Pentagone, avec un coût global estimé de près de 400 milliards de dollars. Ce qui ne l'épargne pas de quelques défauts.

Imaginé au milieu des années 1990, le F-35, décliné en trois versions, a été conçu pour remplacer de nombreux appareils américains. Il est censé être six fois plus efficace en combat aérien et en surveillance, et huit fois plus efficace en attaque au sol.

"Avec un avion furtif, on peut voler seul, à des dizaines kilomètres l’un de l’autre."
Billie Flynn
Pilote d’essai chez Lockheed Martin

Ses atouts? De nombreux systèmes de détection et de guerre électronique ultra-performants, que l’on retrouve aussi sur les appareils comme le Rafale ou l’Eurofighter. Mais surtout, deux caractéristiques jugées déterminantes par les experts: sa furtivité (la capacité à échapper aux radars) et son aptitude à échanger massivement des données fusionnées.

"Ce qui est différent avec un avion de cinquième génération, c’est que nous avons une mentalité offensive et pas défensive, explique le Canadien Billie Flynn, pilote d’essai chez Lockheed Martin. Les tactiques que l’on utilise aujourd’hui avec un F-16, un F-15 ou un FA-18, sont des tactiques défensives. On vole ensemble à deux, à quatre ou à huit appareils en se protégeant l’un l’autre. Avec un avion furtif, on peut voler seul, à des dizaines kilomètres l’un de l’autre. On fait des patrouilles durant lesquelles on sait que personne ne nous voit. On partage l’information entre appareils grâce à un réseau. Tout ce que mes senseurs sont capables de voir peut être vu par mes ailiers et inversement. Nos écrans peuvent avoir toutes les informations de deux, quatre avions… Nous pouvons avoir une tactique offensive, car nous savons que personne ne peut plus nous voir."

Mais la complexité de tous ces systèmes n’est-elle pas finalement un obstacle à son utilisation au combat? "C’est complexe, mais pas compliqué, rétorque le pilote. On sait qu’un pilote peut avoir une charge de travail trop lourde, avec une multiplicité d’écrans, un viseur tête haute… Cela devenait trop pour un pilote de chasse. Là, on a une fusion des données sur un seul écran, avec une hiérarchie simplifiée des informations. Cela simplifie la tâche du pilote. Cela change tout. C’est une grosse accumulation de données, mais cela a un peu été traité avec la mentalité d’un iPhone".

Cela, c’est la situation idéale. Car ce projet impliquant une dizaine d’Etats étrangers n’a cessé d’accumuler les retards et les difficultés techniques depuis son lancement. À tel point que tous les avions déjà produits (près de 500 pour fin 2019), dont l’entrée en service a été retardée plusieurs fois, devront déjà être modernisés ("rétrofités" dans le jargon militaire) car leurs performances sont limitées.

Quant à la version achetée par la Belgique, elle n’existe encore que sur le papier. Certains font état d’un véritable appareil de nouvelle génération (notamment pour la capacité nucléaire), avec tous les risques que cela comporte en termes de performances, de coûts et de délais.

La furtivité du F-35 et sa capacité à échanger ses données avec d'autres appareils le rendent plus redoutable en solo. ©BELGAIMAGE

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