Le prix des billets d'avion au plancher?

©BELGA

La modicité des prix du fuel suscite des vocations dans l’aérien. La concurrence se renforce donc et la riposte se matérialise sur les prix. Tant mieux pour le passager. Pas pour les compagnies.

Coup sur coup, à quelques jours d’intervalle, Ryanair, easyJet et Wizz Air ont émis des jugements identiques, au vu des premiers résultats de l’été.

Pour les trois compagnies à bas tarifs, les prix bas du carburant encouragent les transporteurs à ajouter des routes là où elles n’auraient pas été profitables avec un fuel plus cher. Dans une interview à l’agence Bloomberg, Neil Sorahan, CFO de Ryanair, a déclaré hier: "Avec un pétrole bas, il y a des transporteurs sur le marché qui ne devraient normalement pas y être. Il y a trop de capacités sur des marchés comme l’Espagne, le Portugal, le Moyen-Orient, la Tunisie et la Turquie."

Au passage, Ryanair est la première à constamment augmenter ses capacités. Selon les analystes, elles auraient progressé de 33 millions de sièges (+ 33%) au cours des deux dernières années.

9%
C’est la baisse des tarifs annoncée par Ryanair au 2e semestre.

Les low cost ne peuvent se battre que sur un seul terrain, celui des tarifs. Ryanair pense enregistrer une baisse de 5% du prix de ses billets au premier semestre (jusque fin septembre) et puis jusqu’à 8% ou 9% au second semestre. Mais évidemment, la compagnie irlandaise a les moyens de cette politique qu’elle favorise elle-même. Du reste, depuis hier et jusqu’à ce soir minuit, elle a lancé une vaste campagne où elle cède 500.000 sièges au prix de 14,99 euros, pour des voyages de septembre à janvier.

Des hauts et des bas 

Les tarifs n’ont-ils jamais été aussi bas? Si! Et pour le dire franchement, une certaine rationalisation de la gestion des transporteurs aériens, associée à un "yield management" (rendement au siège sur chaque vol) plus affiné, fait qu’au cours des deux ou trois dernières années, les tarifs aériens ont augmenté. Pas de beaucoup, mais quand même. Même chez Ryanair, la hausse a été de 1% au premier trimestre de son exercice.

Pourra-t-on profiter de cette chute encore cet été? Pas vraiment. La plupart des voyages d’agrément ont été commandés et payés. Et les "last minutes", toujours bien présents, se font de plus en plus rares, parce que les tour-opérateurs calculent au plus juste les taux d’occupation de leurs avions ou de ceux qu’ils louent.

Mais pour la rentrée, il est sûr que les low cost vont mettre le turbo (l’actuelle campagne de Ryanair le montre bien) et les compagnies de réseaux seront obligées de suivre. Brussels Airlines en est consciente, au point que Bernard Gustin, son CEO, annonçait dernièrement qu’après avoir réussi à réaliser des économies de 15%, "un nouvel effort de 15% sera nécessaire pour faire front aux offensives low lost" qui occupent une part de plus en plus importante du marché belge.

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