Le "profit warning" de Lufthansa menace Brussels Airlines

Lufthansa plonge de 12% à l'ouverture après un avertissement sur résultats.

La compagnie allemande, maison mère de Brussels Airlines, invoque la pression concurrentielle des compagnies à bas coûts pour justifier un avertissement sur résultats. Les mauvaises performances de la filiale "low cost" Eurowings, dont dépend la compagnie belge, sont particulièrement pointées du doigt.

Dans un document, Lufthansa déclare rabaisser sa marge d'exploitation pour l'exercice en cours à une estimation comprise entre 5,5% et 6,5%, contre 6,5% à 8% selon les objectifs initiaux. Cette marge était de 7,9% en 2018. Le bénéfice d'exploitation pour 2019 serait compris entre 2 et 2,4 milliards d'euros, contre 2,4 à 3 milliards d'euros initialement.

2 à 2,4
milliards d'euros
L'EBIT du groupe allemand est attendu dans une fourchette de 2 à 2,4 milliards d'euros. Il était précédemment estimé entre 2,4 et 3 milliards d'euros.

La concurrence agressive des compagnies à bas coûts, en constante progression dans le secteur, est invoquée par l'entreprise allemande comme principale justification à cette révision. Ici, les revenus en baisse d'Eurowings, la filiale "low cost" de Lufthansa, sont tout particulièrement visés. 

De mauvais chiffres

Une augmentation des coûts de carburant de 550 millions d'euros par rapport à 2018 et des problèmes persistants de surcapacité sur les vols court-courriers sont également mentionnés par Lufthansa.

La compagnie aérienne, maison mère de Brussels Airlines, a, par ailleurs, provisionné 340 millions d'euros pour couvrir ses risques fiscaux en lien avec une affaire qui remonte à 2001.

Rappelons que le groupe allemand avait enregistré une perte de 336 millions d'euros sur les quatre premiers mois de l'année écoulée. En 2018, il affichait un bénéfice de 52 millions d'euros sur la même période.

Le titre a perdu 11,62% à la Bourse de Francfort ce lundi, entraînant certains concurrents dans sa chute

Quelles conséquences pour Brussels Airlines ?

Brussels Airlines, rattachée à la division "low cost" Eurowings de Lufthansa, pourrait être impactée par ces prévisions pessimistes. Suite à son rachat par le groupe allemand en 2017 et son intégration subséquente à Eurowings, la compagnie belge était supposée renforcer la présence de Lufthansa sur le marché des vols court-courriers européens, aux côtés de Swiss Air et Austrian Airlines. 

Regrettant des diminutions de coûts "moins rapides que prévues" dans son pôle "low cost", la direction de la maison mère allemande a annoncé "des mesures transformatrices" à venir pour Eurowings. "La productivité des avions et du personnel" sont dans le viseur de la direction du groupe alors que des "nouvelles mesures d'économies plus ambitieuses" seront avancées lors d'une journée dédiée aux actionnaires, le 24 juin prochain.

En attendant d'en apprendre plus, les syndicats de Brussels Airlines, CGSLB/ACLVB en tête, ont d'ores et déjà prévenu leur direction de leurs intentions de faire respecter les garanties d'emploi belges , promises en début d'année. 

Les résultats décevants d'Eurowings s'inscrivent dans le contexte extrêmement compétitif du secteur de l'aviation "low cost" européen. A ce sujet, l'administration de Lufthansa dit regretter que des compagnies concurrentes telles que Ryanair et EasyJet soient "prêtes à accepter des pertes considérables pour faire croître leurs parts de marché" résultant ainsi en une "détérioration des prix" néfaste pour la performance des compagnies.

Le groupe allemand cherche toutefois à rassurer son actionnariat en insistant sur les bonnes performances des vols long-courriers.

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